EGLANTINE BARBEROUSSE CHAPITRE 2

EGLANTINE BARBEROUSSE CHAPITRE 2

EGLANTINE BARBEROUSSE

Chapitre 2

Eglantine entend sa mère crier, au loin. Ce doit être sans doute pour l’informer qu’il est l’heure du déjeuner, et connaissant son père, elle sait qu’elle va se faire gronder pour ne pas avoir respecté la précision des horaires, chère à son père.

Comme sa mère le supposait, elle est effectivement en compagnie de ses trois comparses et de son cher Casper. Tous les quatre sont en train de fureter dans la forêt voisine, à la recherche d’une éventuelle cachette, d’une grotte, d’un passage souterrain, n’importe quoi, qui pourrait leur ouvrir la porte vers une formidable aventure dans le passé, à la rencontre de l’impressionnant Robert Barberousse, son chevaleresque ancêtre.

Les « bessons » Timothée et Gabin en profitent pour rentrer chez eux car leurs parents doivent aussi les attendre pour passer à table. Eglantine aime bien ce vieux terme inusité pour ne pas dire obsolète de nos jours, pour désigner des jumeaux d’une parfaite ressemblance. Elle a découvert ce mot en lisant « la petite Fadette » de Georges Sand, et depuis elle l’emploie régulièrement pour ses amis.

Ce sont de beaux « petits gars », d’une bonne stature, à l’allure athlétique, deux beaux bruns aux yeux bleus, qui font craquer les filles du lycée, mais eux n’y font pas attention car même s’ils n’ont jamais osé leur avouer, ils sont secrètement amoureux de leurs deux amies.

Quant à Capucine, elle passe les vacances estivales chez Eglantine et les deux ados se dépêchent de rentrer pour échapper au courroux de Justin.

Bizarrement, Eglantine et Capucine sont devenues amies dès leur première année de maternelle, car leurs prénoms différents, dans un univers scolaire, où toutes les petites filles se prénommaient, Elena, Emilia, Alicia, Anna, Clara, Chiara etc, les ont rapprochées. Ensemble, elles avaient l’impression d’être moins bizarres avec leurs deux prénoms de fleurs. Cette amitié s’est renforcée au fil des années, et douze ans plus tard, elles sont inséparables, de vraies « sœurs » spirituelles. Capucine est blonde comme les blés, ses yeux ont la couleur de l’Océan, et elle est aussi élancée que sa copine. A elles deux, elles forment un duo fusionnel et leur beauté attire les regards masculins, que ce soit au lycée ou dans leur village.

Leurs parents à toutes les deux, ont compris la force et l’intensité d’une telle amitié et les deux gosses ont pu se voir régulièrement, en dehors des plages scolaires. Elles ont partagé des activités artistiques et sportives communes, ce qui a renforcé leur complicité fraternelle.

-« Vite, Capucine, courons, mes parents doivent nous attendre avec impatience, et mon père doit râler qu’il a faim et grommeler contre notre retard ».

Les deux ados partent en courant, Eglantine espérant éviter une réprimande, qu’elle sait mériter, son père étant inflexible sur les horaires des repas.

Habituellement le quatuor vit à Lyon, dans le quartier de la Croix-Rousse mais les parents d’Eglantine, ont hérité d’une maison en Auvergne, plus précisément dans le Cantal, à Sainte Anastasie, appartenant à la famille Barberousse, depuis le 17ème siècle et ils s’y rendent le plus souvent possible, pour s’éloigner de la pollution urbaine, régnant sur la Cité des Gaules.

Le hasard a fait que les grands-parents paternels des jumeaux Timothée et Gabin, soient eux-aussi originaires du même coin et c’est un plaisir, chaque fois renouvelé pour les jeunes gens de pouvoir se retrouver, chaque été, dans ce coin perdu. Entre eux ils plaisantent en se donnant rendez-vous dans le « trou du cul » du monde. Devant les parents outragés, ils rigolent en parlant du « trou du luc » et cette boutade les fait exploser de rire, comme des mômes espiègles.

Les deux filles arrivent avec quelques minutes de retard, essoufflées, les joues rouges, les yeux espiègles, riant aux éclats de leur course à travers les champs et cette bonne humeur communicative, radoucit Justin, qui s’assied sans faire aucune réflexion.

Casper les a devancées, se précipitant vers son écuelle remplie d’eau fraîche avant de se jeter sur sa gamelle de croquettes, en chien affamé par cette sortie dans la campagne.

Après avoir dévoré le délicieux repas préparé par Agnès, et débarrassé la table, les deux amies se retrouvent dans la chambre d’Eglantine pour entreprendre des recherches sur le statut des pirates ou corsaires, et pour élaborer un plan, afin d’occuper leurs semaines de vacances cantaliennes.

Casper se faufile par la porte entrouverte et va vite se coucher sur un tapis mis à disposition pour lui. Il n’est pas question pour lui de quitter des yeux, sa chère petite maîtresse.

Confortablement installée à son bureau, Capucine à ses côtés, Eglantine reprend ses diverses informations, condensant ce qu’elle sait sur ce fameux Robert Barberousse, avant de chercher  à contextualiser l’activité maritime et dangereuse de ces pourfendeurs de la mer, qui naviguaient en eaux troubles, au sens propre comme au sens figuré.

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Viviane BARNET-BROSSE

EGLANTINE BARBEROUSSE ET LA LÉGENDE DU CORSAIRE ROTER BÄR (OURS ROUGE)

ISBN 979-8-33215-687-8

Couverture eglantine barberousse verso

 

Date de dernière mise à jour : 2024-07-10

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