EGLANTINE BARBEROUSSE CHAPITRE 13
EGLANTINE BARBEROUSSE CHAPITRE 13
Date de dernière mise à jour : 2026-03-29
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L'ÉTRANGE RÊVE DE LUCILE Fiction historique et biblique ISBN 979-8-85478-762-8Chapitre 13
Robert a jugé bon de présenter Eglantine comme une lointaine cousine, dont les parents demeurent à l’étranger, ce qui explique la différence aussi bien linguistique que vestimentaire ou comportementale de ses jeunes invités. Cette jeune parente est venue en visite chez lui, avec ses compagnons de voyage, eux-mêmes étrangers, pour un certain temps, sans date précise de retour dans leurs foyers.
De ce fait les jeunes gens se sentent plus détendus en se promenant aux alentours de la maison, et notamment en compagnie des enfants d’Etienne et Margot, qui ont plus ou moins le même âge qu’eux. Cela leur permet de poser des questions sur les conditions de vie dans le royaume, sans attirer la suspicion sur eux.
Les adolescents essaient de se souvenir de leurs cours d’histoire sur la période entre le décès de Louis XIV et le règne effectif de Louis XV. En 1720, il s’agit de la transition entre les deux règnes, et c’est Philippe d’Orléans, grand-oncle paternel du jeune Louis qui exerce la régence. Eglantine se dit qu’il est encore au pouvoir pour trois ans environ, puisque c’est le 2 décembre 1723, lors de la mort de Philippe d’Orléans, que Louis prend son envol en tant que Louis le quinzième, rapidement surnommé le bien-aimé, et tout aussi rapidement haï, notamment à Paris où son impopularité est telle, que les parisiens se réjouissent lors de ses funérailles, en se livrant à des manifestations festives dans toute la ville.
Eglantine s’aventure à demander aux jeunes fermiers comment se passe la vie à la campagne, pour les petites gens qui ne vivent pas dans les grandes villes, celles-ci étant plus enclines à accueillir des artisans, des commerçants, des professions telles que les avocats, procureurs, notaires, médecins et autres activités, regroupant tous ces individus, sous la classification de « bourgeois » par la paysannerie.
La caste des paysans est elle-même regroupée en plusieurs degrés, selon que les gens sont propriétaires, métayers ou journaliers. L’arrière-grand-mère d’Eglantine lui avait appris à faire la différence, car elle était férue d’histoire et de généalogie. Un laboureur est propriétaire de ses terres et représente « le haut du panier ». Un métayer loue ses terres, mais n’en est pas propriétaire et un journalier loue ses bras à la journée car il ne possède strictement rien.
Eglantine fait travailler ses méninges pour se rappeler ce qu’elle a lu sur ce sujet, aussi bien dans ses livres scolaires que sur internet, la nouvelle « bible » de connaissance que tout le monde utilise désormais.
Le terme de laboureur concerne surtout la période avant la révolution, on parlera ensuite de cultivateur. La catégorie « laboureur » représente l’ensemble des paysans. Sous l’Ancien Régime, la France est composée de vingt millions d’habitants, 80% de la population vit et travaille dans les champs. La définition de laboureur était plutôt un statut social, qui désignait souvent un paysan aisé, détenteur de son « labour ». Cela rejoint les propos de sa bisaïeule.
- « Vu de l’étranger où je vis, déclare Eglantine, pour jouer le jeu de la parente éloignée, vivant hors de France, le roi Louis XIV est mort depuis cinq ans, et c’est Philippe d’Orléans, qui exerce la régence, car le jeune roi Louis XV est trop jeune, mais comment cela se passe t’il pour vous au quotidien. Vous vivez loin de Paris, donc peut-être vous sentez vous moins concernés que les parisiens ? ».
Jean l’aîné, est plus au fait des évènements dans le royaume, car il aime bavarder avec son père, le soir, après une journée de labeur bien remplie, sur l’état économique et politique de la France, sur les conditions sociales du peuple français qui souffre de la pauvreté, notamment les petites gens, obligées de louer leurs bras, pour survivre au quotidien, quand elles ne mendient pas, ou se livrent à la prostitution, pour les filles jeunes et jolies, soit par choix, soit par obligation de survie dans un univers patriarcal cruel.
Il prend la parole pour exposer aux quatre jeunes gens étrangers, ce qu’il en est depuis une vingtaine d’années dans le royaume de France.
- « Louis le quatorzième est mort, voilà cinq ans, en l’an de grâce 1715. Il gouvernait la France depuis soixante-douze ans, s’étant retrouvé roi à cinq ans, au décès de son propre père Louis le treizième, tout comme notre roi actuel, le jeune Louis le quinzième, trop jeune pour régner. C’était un roi, qui appréciait d’être comparé au soleil, car il aimait briller aux yeux de son peuple même si celui-ci mourait de faim. Le roi dépensait beaucoup pour les fêtes à Versailles et il aimait faire la guerre, aux autres nations. Comme cela coûtait très cher, il levait des impôts de plus en plus lourds pour la population. Il aimait les femmes, et pour un roi, censé régner sur une terre, considérée comme étant la fille aînée de l’église, il ne respectait pas les préceptes de notre sainte mère l’église catholique. Il se livrait à l’adultère avec des courtisanes, des femmes dépravées à qui il a fait plein de bâtards, dont certains ont été reconnus par lui. Il a changé vers la fin de sa vie car une rumeur s’est répandue comme quoi, il aurait épousé Madame de Maintenon, la gouvernante de ses enfants illégitimes. Cette dernière l’aurait incité à se réconcilier avec l’église, en menant désormais une vie de bon catholique. Malheureusement elle lui a aussi fait révoquer l’édit de Nantes, et les conséquences économiques ont été désastreuses, notamment par le départ des huguenots, émigrant à l’étranger en emportant tout leur savoir-faire. Je suis trop jeune pour avoir connu cette période mais les anciens me l’ont raconté. ». [1]
- « Donc, tu avais treize ans, quand Louis XIV est décédé, laissant la place au tuteur de son arrière-petit-fils. Te souviens-tu d’autres choses qui auraient marqué ton enfance ? » demande Timothée très intéressé par les propos de Jean.
- « Je me souviens du terrible hiver 1709, quand j’avais sept ans. Le froid qui s’était abattu sur tout le pays. Impossible de se réchauffer ! Mon père m’a raconté que les gens sont morts par milliers, de froid et de faim, car sans récoltes pour nourrir un peuple, celui-ci finit par mourir de faim. Dans le souvenir de mes parents, c’était terrible, même moi, je n’ai pas pu oublier ce fameux hiver. [2]
Les ados du 21ème siècle frémissent, en imaginant la froideur de l’hiver glaciaire de 1709.
Eglantine et ses amis pensent en leur for intérieur, que finalement, ils sont bien contents de vivre dans leur siècle, certes pollué à outrance, mais avec tout le confort possible.
Jean réfléchit à ce qu’il pourrait bien apprendre à ses nouveaux amis qui n’ont pas l’air de bien connaître la France. Soudain, il repense aux nombreuses guerres entreprises par le défunt roi, soi-disant pour la gloire du pays, mais surtout pour sa gloire personnelle, enfin c’est ce que son père pense. Pour eux, il énumère ces guerres coûteuses pour le pays et sa population.
- « Si je me souviens bien de ce que les anciens m’ont appris, le règne de Louis le quatorzième a été une suite de guerres et de conflits qui ont ruiné le pays et affamé son peuple. Cela a commencé par une guerre entre la France et l’Espagne qu’on a nommé la guerre de Trente ans. La France est sortie victorieuse, mais à quel prix ! Ensuite il y a eu la guerre au nom bizarre, dévolution, je crois, oui c’est bien çà, guerre de dévolution d’abord avec l’Espagne car celle-ci n’avait toujours pas payé la dot de la reine Marie-Thérèse à la France, puis ensuite contre l’Angleterre, les Provinces unies et la Suède. La France a gagné et a signé le traité d’Aix La Chapelle. Cette guerre a permis au roi d’enlever des villes en Flandre et en Franche-Comté. Il s’est également invité dans la succession de Charles II d’Espagne pour éviter la reconstitution de l’empire de Charles Quint au profit des Habsbourg d’Autriche. Ensuite est venue une autre guerre, dite la guerre de Hollande où le roi a affronté la Hollande et ses alliés. Comme si toutes ces guerres ne suffisaient pas au souverain, il a enchaîné sur une autre guerre dite la guerre des Réunions, dont le but visait à renforcer la possession de l’Alsace par la France. Et dans sa lancée, ce roi guerrier s’est mêlé à un autre conflit, celui de la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Il a combattu contre une coalition de puissances européennes, dont l’Angleterre, l’Espagne et les Provinces-Unies, et pour bien terminer sa carrière guerrière, il a entraîné le royaume dans la guerre de succession au trône d’Espagne. Cette guerre a éclaté après la mort de Charles II d’Espagne et a impliqué plusieurs pays européens dans une lutte pour la succession au trône espagnol ».
En l’écoutant parler, les quatre amis le sentent prodigieusement énervé contre le défunt monarque. Eglantine ne peut s’empêcher de penser que s’il était né cinquante ans plus tard, il aurait sans doute fait partie des sans-culottes qui ont assailli la bastille, avant de condamner à mort le couple royal Louis XVI et Marie-Antoinette d’Autriche. Étant donné son aisance à s’exprimer, elle aurait même parié qu’il aurait pu être un parfait orateur, dans la lignée des Danton, Robespierre, Desmoulins, et compagnie. L’imaginer haranguer la foule sur une tribune, la fait sourire.
- « Effectivement, toutes ces guerres faites par les rois et les puissants ne se font qu’au détriment de leurs populations qui paient le prix fort, avec leurs impôts, leur sang et leur vie » compatit Eglantine.
Ravi d’avoir un auditoire captivé par ses propos, Jean reprend la parole pour raconter la fin du règne de Louis XIV par son décès en 1715, d’une gangrène purulente à la jambe, laquelle s’était peu à peu propagée dans son corps.
- « Je ne me souviens pas vraiment des funérailles, à part que les cloches ont sonné le tocsin dans tout le royaume pour annoncer le trépas du roi et demander au peuple de France, de prier pour le défunt, mais par contre, je me souviens que pour nous pauvres gens, il était surtout le « grand roi des impôts » et que des libellés clandestins se colportaient de bouches à oreilles, dont celui-ci que je peux encore vous réciter :
« Le grand Louis est trépassé
Et les médecins ont trouvé
De sang qu'il n'avait qu'une livre
Hélas, que j'en suis étonné,
Car il nous avait bien sucés ».
Eglantine et ses amis sont enchantés d’avoir la perception d’un jeune homme de leur âge, sur la réalité du règne de Louis XIV, même si les évènements antérieurs à sa naissance lui ont été rapportés par les anciens de la communauté villageoise.
Gabin, aussi curieux que son jumeau, car il est lui-aussi passionné d’histoire, intervient à son tour, pour interroger Jean.
- « Et l’après Louis XIV, comment se sont déroulées les cinq dernières années, placées sous le signe de la régence de Philippe d’Orleans ? ».
- « Comme vous pouvez le deviner, à la mort de Louis le quatorzième, la France est épuisée et appauvrie, d’abord par les années de guerre, et surtout d’absolutisme royal. Le régent a bien essayé de restaurer les caisses du trésor, que le précédent roi a vidées, mais il n’a pas réussi à les renflouer. On dit qu’un anglais nommé Law aurait inventé un système pour reconstituer les finances, mais je n’ai pas l’impression que cela ait bien marché car le bruit a couru dans le royaume d’une banqueroute possible depuis le mois de mars de cette année, mais je n’en sais pas plus. Le pays a du mal à se relever, et les gens ne veulent qu’une chose, manger à leur faim. ».[3]
Eglantine se souvient avoir étudié le krach de 1720, la banqueroute de Law, un évènement qui s’est passé entre mars et décembre 1720.
Voulant continuer à faire parler Jean, Eglantine lui demande innocemment :
- « D’après ce que tu nous as exposé précédemment, le défunt roi se serait marié secrètement avec Madame de Maintenon. J’ai ouï dire par des français de passage dans mon pays, (ajoute-t-elle avec aplomb, étonnée elle-même de se prendre au jeu des parents étrangers), que cette dame était tellement pieuse, qu’elle avait entrainé le roi dans sa bigoterie et que la vie à la cour était devenue très austère pour les courtisans. Je suppose que dans les campagnes, vous n’en avez pas perçu les retombées, mais maintenant avec le Régent, as-tu entendu parler de ce qui se dit sur son mode de vie ? Est-il un personnage austère, ou plutôt « paillard » comme le furent certains des prédécesseurs du futur roi Louis XV, cet enfant encore innocent ».
Jean est vraiment « aux anges » de constater l’intérêt des jeunes gens. Il prend un air conspirateur, pour raconter ce qu’il a entendu dans les veillées, et sur les foires.
- « Il a la réputation d’être un débauché qui s’adonne à tous les plaisirs de la chair, avec des personnes de petite vertu, mais on dit aussi qu’il est intelligent et travailleur. Il serait conseillé par l’abbé Dubois, qui n’a d’abbé que le titre, car lui-aussi est réputé pour sa vie dissolue, en compagnie du régent. Mais pour l’instant, il ressort que les débauches du régent, ne l’empêchent pas de savoir gérer le pays. C’est ce qui se dit dans nos campagnes ».[4]’
Eglantine et ses amis n’ont pas vu le temps passer, en écoutant Jean leur raconter l’histoire politique de ce début de siècle.
A ce moment, Pierre crie le nom de son fils Jean, car il a besoin de lui, pour venir l’aider aux tâches agricoles avant que l’heure de midi ne sonne au clocher du village.
Jean, en fils obéissant, quitte ses nouveaux amis sur un signe de la main, le visage radieux, en suite de ces moments de détente et de simplicité avec les invités de Robert, leur maître que tout le monde apprécie.
Les jeune gens, en profitent pour se promener un peu, ayant aperçu un étang un peu plus loin, avant de rentrer à leur tour, rejoindre leur hôte et ses serviteurs dévoués.
Sur leur chemin, ils rencontrent Elisabeth, qui marche tranquillement sur les bords de l’eau, heureuse de ce moment de détente, avant de retourner elle-aussi, aider sa mère dans les tâches quotidiennes dévolues aux femmes de la maisonnée.
[1] Le 18 octobre 1685, Louis XIV signe l'édit de Fontainebleau. Cet acte, qui révoque l'édit de Nantes signé le 13 avril 1598 par Henri IV, son grand-père, interdit l'existence du culte protestant en France. Le Roi Soleil, avide d'absolutisme et de centralisation, tente d'étouffer la pratique du culte protestant. L'édit de Nantes a mis fin aux guerres de religion (massacre de la Saint-Barthélemy) sans jamais véritablement les éteindre. Dès 1661, Louis XIV applique l'édit de Nantes mais de manière restrictive, dans l'attente de la conversion des protestants, dits « les réformés ». Supportant mal que deux cultes religieux cohabitent dans son pays, le roi veut la réunification religieuse du royaume. Il mène alors la « Politique anti-réformée », qui tente d'étouffer « l'hérésie protestante ». Mais ces mesures répressives n'étant pas suffisantes et jugées trop modérées, le monarque prend nombre de mesures très sévères pour exclure les protestants de la vie civile et professionnelle. En 1681, Louis XIV décide d'employer la force pour obliger les protestants à abjurer leur foi. Il fait détruire les temples protestants et les écoles. Les réformés doivent se soumettre au baptême et au mariage catholiques. Il condamne à l'exil les pasteurs et interdit aux protestants, dits les huguenots, d'émigrer sous peine d'être enrôlés dans les galères. Il ordonne de faire baptiser tous les enfants à naître. En mars 1681, il autorise les Dragons, un corps d'armée particulièrement féroce, à faire des Dragonnades : les soldats logent chez les réformés, qu'ils maltraitent, dépouillent de leurs biens, pillent et parfois, tuent. Sous l'effet de la peur et de ces violentes répressions, les conversions forcées s'accélèrent. Sous l'influence de l'Église catholique et de son entourage, Louis XIV promulgue alors la Révocation définitive de l'édit de Nantes. Le 18 octobre 1685, il signe l'Édit de Fontainebleau. , le père La Chaize) ait joué un rôle important dans cette décision. En effet, le roi, au début de son règne, n'était pas hostile aux réformés. Pourtant, bien qu'averti par ses ministres, Colbert, et Vauban, son architecte-ingénieur, Louis XIV s'aperçut trop tard des conséquences qui provoquèrent une véritable hémorragie démographique. Près 300.000 huguenots, issus de la bourgeoisie industrieuse et prospère, prirent la fuite clandestinement. Mais aussi les marchands, manufacturiers et artisans, emportant leur savoir-faire. Ils furent accueillis, dans le « Pays du Refuge », terme désignant le pays dans lesquels les protestants trouvèrent une terre d'asile : Suisse, Angleterre et Provinces-Unies des Pays-Bas. Cette perte de forces vives a grandement appauvri le pays tant sur le plan démographique qu'économique car les protestants se fondirent ensuite dans leur pays d'accueil qu'ils firent prospérer, que sur le plan religieux et politique.
[2] En 1709, la France de Louis XIV a été frappée par un événement climatique dramatique connu sous le nom de « Grand Hiver ». Ce fléau a entraîné des récoltes dévastées et une forte baisse de la population. Le Grand Hiver de 1709 a commencé dans la nuit du dimanche 6 janvier. Une vague polaire venue du nord a balayé le pays en quelques heures. Les températures ont chuté de façon prodigieuse, transformant la France en une véritable Sibérie. À Paris, le thermomètre est descendu à -17 °C. Les campagnes ont été ensevelies sous la neige, les rivières gelées, et les animaux ont péri dans les étables. Les récoltes ont été fichues. Environ 600 000 sujets de Louis XIV ont péri pendant cet hiver glacial. Ce phénomène climatique a coïncidé avec les grandes famines de l’époque, et les climatologues l’appellent le « minimum de Maunder ». Il pourrait expliquer, en partie, le Petit Âge glaciaire qui a touché l’Europe au 18ème siècle.
[3] La banqueroute de Law est un événement historique qui s'est produit en France en 1720. Après la mort de Louis XIV, la dette de la France dépasse 3,5 milliards de livres. Le Régent Philippe d'Orléans autorise John Law, un financier écossais, à créer une banque privée appelée "Banque Générale". Cependant, le système de Law est en banqueroute dès le 24 mars 1720. Les déposants se présentent en masse pour échanger leur papier-monnaie contre des espèces métalliques que la société ne possède déjà plus. Cette crise cause la ruine des déposants et une totale rupture de confiance. Law est obligé de fuir le royaume en décembre 1720. La France se voit à son départ environ un dixième ruinée ou appauvrie, principalement chez les riches actionnaires.
[4] La vie privée du régent a pu défavorablement influencer le jugement porté sur sa politique gouvernementale. Sa régence s’en est mieux tirée que la plupart des autres, son goût pour les idées nouvelles l’ayant conduit à engager des réformes novatrices. La politique étrangère du Régent a été, contrairement à celle de Louis XIV, globalement favorable à la paix, même s’il a eu à mener, au début de sa régence, une courte guerre avec l'Espagne, dont le roi, inquiet de son renversement d’alliance, avait tenté de le faire renverser par le duc du Maine à travers la conspiration de Cellamare. La seconde partie de la Régence le voit opter pour un rapprochement avec les puissances protestantes en signant une Triple Alliance à La Haye en 1717 avec les Provinces-Unies et l’Angleterre, puis par la Quadruple Alliance avec l’Autriche . Il a néanmoins promu la paix avec l'Espagne en entérinant la paix d'Utrecht et en scellant l’alliance des Bourbons de France et d'Espagne par les fiançailles, en 1721, du jeune Louis XV avec l'infante Marie-Anne-Victoire d'Espagne, âgée de 5 ans. Dans le domaine économique, lorsque le Régent est entré aux affaires, les caisses de l’État étaient vides et le peuple était écrasé par les guerres qui avaient eu lieu à la fin du règne de Louis XIV. Les principales conséquences du système mis en place par John Law furent d'ailleurs positives : relance de l’économie, allègement de la dette de l'État.. La personnalité du Régent fut plus contrastée. Il était réputé pour sa débauche, il s'adonnait à des orgies au cours des fameux petits soupers en compagnie de quelques convives, qu'on appelait les « roués », comme le marquis d'Effiat, le marquis de Canillac, le marquis de Biron, etc. Sa fille, «Joufflotte», la plantureuse duchesse de Berry qui avait une réputation de Messaline, y participait souvent. Dès qu'il devint Régent, il était capable de se lever très tôt et de travailler jusque tard dans l'après-midi.
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Viviane BARNET-BROSSE
EGLANTINE BARBEROUSSE ET LA LÉGENDE DU CORSAIRE ROTER BÄR (OURS ROUGE)
ISBN 979-8-33215-687-8
Roman publié en juillet 2024 Amazon KDP Publishing
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Date de dernière mise à jour : 2026-03-29
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