EGLANTINE BARBEROUSSE CHAPITRE 5

EGLANTINE BARBEROUSSE CHAPITRE 5

Chapitre 5

Les deux amies, une fois rassasiées, repartent sur la piste des pirates, leur but étant de découvrir certains corsaires français célèbres et leur notoriété ou plus exactement la légende bonne ou mauvaise qu’ils ont laissée après leur mort.

Elles repartent dans la lecture du deuxième article de Mark Cartwright, ce qui leur permet d’avoir une vague idée sur ces individus, qui pour certains, entraient dans la piraterie comme on entrait dans la religion, motivés beaucoup plus par l’obligation de survie, que par une réelle conviction.

Avoir la foi en quoi que ce soit n’est pas donné à tout le monde !

Effectivement la piraterie vit l'implication d'hommes et de femmes de nombreuses nationalités différentes au cours des siècles, mais l'un des groupes les plus importants de l'époque médiévale et du début de l'ère moderne était celui des pirates français, qui terrorisaient l'Atlantique, les Caraïbes et l'océan Indien. Les écrivains français préféraient souvent utiliser les termes de flibustier et de corsaire pour désigner ceux qui opéraient au nom de la couronne

Eglantine prend des notes sur son cahier, condensant les informations, qu’elle a lu dans cet article, afin d’avoir un aperçu succinct sur le pedigree de ces personnages dont la personnalité n’avait parfois rien d’héroïque, ni de patriotique car certains vendaient leurs services au plus offrant, et d’autres laissaient ressortir leur cruauté pathologique, au nom d’un idéal douteux. Certains « tueurs en série » de l’ère moderne pourraient passer pour des « enfants de chœur » en comparaison avec le curriculum nauséabond de certains de ces corsaires, pour ne pas dire pirates. 

Eustache le moine

Eustache (alias Eustache Busket) avait auparavant été membre d'un monastère bénédictin à Boulogne, mais il quitta la simplicité de la vie monastique pour servir le comte de Boulogne. Eustache n'obtint rien d'autre qu'une mauvaise réputation, à tel point qu'il fut recherché comme criminel, ce qui l'amena à fuir et se vouer à une vie en mer en tant que corsaire. Avec ses origines ecclésiastiques et l'amour des pirates pour les surnoms, il n'est pas surprenant qu'Eustache ait été connu sous le nom du "Moine Noir".

Jean Fleury

Jean Fleury (alias Florin) était originaire de Normandie et s'était spécialisé dans l'attaque des flottes de trésor et des navires marchands espagnols lorsqu'ils atteignaient l'Atlantique Est. Travaillant pour le comte de Dieppe, Fleury rôdait dans les eaux des Canaries et des Açores et il réussit à capturer deux navires espagnols en juin 1523. Le roi d'Espagne Charles Quint ordonna la pendaison de Fleury lors de la capture de celui-ci.

Jean Lafitte

Jean Lafitte fut contrebandier, corsaire et pirate. Il quitta la France pour la Nouvelle-Orléans à un jeune âge et mit en place une activité de contrebande prospère en s'appuyant sur son entreprise de forgeron. Passant à la piraterie vers 1810, Lafitte s'installa dans la baie isolée de Barataria. Il capturait des navires et vendait leurs cargaisons, souvent des esclaves, à des marchands véreux de la Nouvelle-Orléans. En 1821, Lafitte rasa Galveston, navigua vers l'horizon et ne fit plus jamais parler de lui.

François Le Clerc

François Le Clerc, originaire de Normandie, était un pirate qui menait de front des attaques corsaires. Le Clerc se blessa à un bras et perdit une jambe en combattant les Anglais en 1549. Les Espagnols étaient une autre cible de prédilection et ils surnommèrent le Français Pié de Palo ou « Jambe de Bois ». Le Clerc mourut au combat, contre les Espagnols aux Açores en 1563.

Capitaine Le Picard (actif de 1685 à 1688)

Le capitaine Le Picard commença sa carrière de pirate en tant que membre des boucaniers français, sous le commandement de François Grogniet, qui attaquèrent le Panama en 1685. Finalement, à la tête de son propre groupe de pirates, Le Picard s'empara de Grenade en 1686. Après avoir ciblé des colonies au Mexique, Le Picard connut une mauvaise passe lorsque sa flotte fut endommagée par une tempête et qu'il dut traverser la jungle du Costa Rica, un voyage épouvantable qui entraîna la dissolution de son groupe de pirates.

 

François Levasseur (actif de 1642 à 1652)

François Levasseur était un cas étrange car il était fonctionnaire nommé en 1642 par les autorités françaises pour déloger les Anglais et gouverner l'île de la Tortue dans le nord-ouest d'Hispaniola (Haïti et la République dominicaine modernes). Issu de la noblesse normande, huguenot et ingénieur militaire de talent, Levasseur se rebella et créa son propre mini-État, déclarant une indépendance totale. il construisit une impressionnante forteresse, le Fort de la Roche, perché sur les falaises qui dominent le port. Il fit fortune grâce à sa part des pillages qui lui revenait, dans cet important havre de pirates des Caraïbes. Pourtant, le pouvoir absolu semble l'avoir conduit à la folie et son « règne » devint de plus en plus troublé. Il interdit les services catholiques, brûla l'église de l'île de la Tortue et exila son prêtre. Il commit des actes cruels, comme la détention de prisonniers dans une cage en fer appelée « Petit enfer », car elle était si exiguë que l'occupant ne pouvait pas se tenir debout. En 1652 Levasseur périt à son tour, poignardé à mort par deux membres de son propre entourage.

François L'Olonnais (vers 1630-1668)

De son vrai nom Jean-David Nau, L'Olonnais était un flibustier opérant depuis l'île de la Tortue. Il était si cruel avec ses captifs qu'on l'appelait le «fléau des Espagnols». La plupart des pirates se contentaient de dépouiller les navires de leur cargaison, mais L'Olonnais ne faisait aucun prisonnier. Ceux qui restaient en vie après une bataille étaient exécutés par décapitation, mais beaucoup devaient d'abord subir diverses tortures. Le boucanier utilisait le chevalet sur ses victimes avant de les découper avec son coutelas et de lécher le sang de la lame. Le pirate fou coupa même les lèvres d'un capitaine, tandis qu'un autre captif eut le cœur arraché que L'Olonnais commença à manger par la suite. Sa mort fut tout aussi cruelle car pris par des cannibales au large de la côte des Moustiques, il fut cuit et probablement mangé.

Jean-Paul de Saumeur (1597-1668)

Jean-Paul de Saumeur était un Chevalier Hospitalier, surnommé « Le Chevalier Paul ». Il était le fils illégitime du gouverneur du célèbre château d'If dans le sud de la France et d’une lavandière locale. Comme pour beaucoup d'individus fortunés, la guerre apporta son lot d'opportunités, et lorsque le capitaine du navire sur lequel il naviguait fut tué, Jean-Paul en reçut le commandement. Ses talents de combattant et de chef étaient incontestables. Corsaire au service de la Couronne française, Jean-Paul était basé à Lesbos et s'en prenait aux navires dans la mer Égée. Les Chevaliers Hospitaliers de Malte, amateurs de piraterie, lorsque l'occasion se présentait, virent très vite le potentiel de Jean-Paul et l'invitèrent à rejoindre l'ordre en 1637. Il devint commandant d'un brigantin et ses succès attirèrent la marine française, qui le nomma capitaine de vaisseau en 1638. Il mourut de la goutte en 1668.

Jacques de Sores (actif 1553-1570)

Jacques de Sores était un corsaire normand, et son infamie est due à une attaque brutale de La Havane en juillet 1555. N’ayant trouvé aucun trésor, il exécuta alors vingt-quatre prisonniers, et mis le feu à la ville, y compris aux églises. Ses hommes brûlèrent les champs environnants et pendirent tous les esclaves africains qui y travaillaient. Ils coulèrent ensuite tous les bateaux du port avant de repartir, avec un faible butin. Jaques de Sores retourna en Europe, où il fut nommé commandant d'une flotte navale française, malgré sa cruauté. Celle-ci se manifesta de nouveau à diverses reprises. Son dernier acte, le plus notoire, est la capture d'un navire portugais aux Canaries en juillet 1570. Les quarante missionnaires jésuites, à bord, furent jetés à la mer, avec leurs livres et leurs icônes. Les autres passagers subirent le même sort cruel. Seulement six personnes sur un total de cinq-cent, survécurent à cette attaque impitoyable.

Robert Surcouf (actif de 1794 à 1810)

Originaire de Saint-Malo en Bretagne, Robert Surcouf devint le plus notoire des corsaires français qui traquaient les navires marchands dans l'océan Indien pendant les guerres de la Révolution française (1792-1802). Comme tant d'autres marins, Surcouf s'était enfui en mer alors qu'il n'était qu'un adolescent, mais il devint capitaine d'un petit navire négrier qui transportait des Africains d'Afrique de l'Est vers l'île Maurice, alors colonie française. En 1795, le gouvernement français interdit le commerce d'esclaves et Surcouf se fit donc corsaire. Lorsque la paix fut conclue entre l'Angleterre et la France en 1802, Surcouf rentra en France, mais il ne tarda pas à reprendre ses activités de corsaire, utilisant cette fois sa ville natale de Saint-Malo comme base avant d'attaquer les Caraïbes avec succès en 1807. L'empereur français Napoléon Bonaparte appréciait certainement Surcouf. Celui-ci est sans doute l’un des plus célèbres corsaires français.

Eglantine se dit qu’il manque le portrait de Jean Bart qui officia justement sous le règne de Louis XIV et de ce fait elle continue à traquer la moindre information potentielle sur celui-ci. Les renseignements trouvés sur Wikipédia lui indiquent entre autres, quelques précisions sur sa biographie, qu’elle résume sur son cahier, de manière succincte, afin de s’y retrouver plus tard.

Jean Bart, est né le 21 octobre 1650 à Dunkerque (comté de Flandre) dans une famille de marins, de militaires et de corsaires dunkerquois. Il est le second des huit enfants de Jean-Cornil Bart et de Catherine Bart née Jansen Rodrigues, fille du corsaire Henri Jansen et d'Elisabeth Rodrigues. Il meurt le 27 avril 1702 dans cette même ville (Flandre française). C’était un corsaire célèbre pour ses exploits au service de la France durant les guerres de Louis XIV. Il a commencé à naviguer à quinze ans. Pendant la guerre de Hollande, il est corsaire pour le compte de la France et de son monarque « solaire », et accumule les prises (plus de cinquante entre 1674 et 1678). Admis dans la Marine royale avec le grade de lieutenant de vaisseau en janvier 1679, il croise en Méditerranée contre les Barbaresques, autrefois esclavagistes, et est promu capitaine de frégate en août 1686. Promu chef d'escadre en avril 1697, il conduit le prince de Conti en Pologne, puis commande la marine à Dunkerque où il meurt le 27 avril 1702.

Elle trouve également sur un autre site l’existence d’un autre corsaire, ayant offert ses services au même roi de France. René Duguay-Trouin (1673-1736) est né dans une famille d'armateurs de Saint-Malo ; de 1691 à 1697, il est capitaine de navire corsaire puis de 1697 à 1713, il navigue comme officier supérieur de la Marine royale. Ses Mémoires permettent de mieux comprendre les enjeux de la guerre navale au tournant du 18ème siècle. Sa carrière se déroule sur les deux dernières guerres de Louis XIV : la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1689-1697) et la guerre de Succession d'Espagne (1702-1713). Ce sont deux conflits d'envergure mondiale dans lesquels le royaume de France doit soutenir un immense effort militaire face aux deux grandes puissances navales hollandaise et anglaise. Le Régent Philippe d'Orléans nomme Duguay-Trouin au conseil d'administration de la Compagnie des Indes en 1723 et en 1728, il devient lieutenant général des armées navales et commandeur de l'ordre de Saint Louis.

Pour le coup, elle laisse son imagination vagabonder, en essayant de visualiser une rencontre potentielle de son ancêtre, avec un de ces fameux corsaires d’antan.

Son après-midi studieux, lui a permis de collationner tous les éléments nécessaires pour analyser et cerner la personnalité de Robert Barberousse, comme pourrait le faire une « profileuse » sur les traces d’un « serial killer ». Afin d’être méthodique, il lui faut mettre en place un plan d’attaque pour organiser sa quête, celle de rechercher le légendaire trésor, perdu dans les méandres de la mémoire familiale.

Demain, il va falloir passer aux choses sérieuses et explorer la cave et le grenier, à la recherche d’un quelconque indice, pouvant donner une nouvelle piste aux jeunes enquêteurs explorateurs, les Indiana Jones cantaliens.

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Viviane BARNET-BROSSE

EGLANTINE BARBEROUSSE ET LA LÉGENDE DU CORSAIRE ROTER BÄR (OURS ROUGE)

ISBN 979-8-33215-687-8

Roman publié en juillet 2024 Amazon KDP Publishing

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Date de dernière mise à jour : 2026-03-29

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