- Accueil
- L'ÉTRANGE RÊVE DE LUCILE
- MARYAM PAGES 101 à 141 (incluses)
MARYAM PAGES 101 à 141 (incluses)
MARYAM PAGES 101 à 141 (incluses)
MARYAM PAGES 101 à 141 (incluses)
Maryam retrouve ses esprits, juste à temps pour entendre de nouveau Jésus qui s’adresse tant à ses disciples, qu’à la foule présente autour de lui.
- « Les scribes et les pharisiens se sont assis dans la chaire de Moïse. Toutes les choses donc qu’ils vous diront, faîtes-les et observez-les, mais ne faîtes pas selon leurs œuvres, car ils disent et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants et difficiles à porter et les mettent sur les épaules des hommes, mais eux , ils ne veulent pas les remuer de leurs doigts. Ils font toutes leurs œuvres pour être vus des hommes car ils aiment la première place dans les repas, les premiers sièges dans les synagogues, les salutations dans les places publiques, et être appelés « rabbi » par les hommes. Mais vous, ne soyez pas comme eux, car vous êtes tous frères. Un seul est votre père et il est dans les cieux. Le plus grand d’entre vous, sera votre serviteur car quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera, sera élevé. Malheur à vous scribes et pharisiens hypocrites car vous fermez le royaume des cieux devant les hommes. Vous n’y entrerez pas vous-mêmes et ne permettez pas à ceux qui veulent entrer, d’y entrer. Malheur à vous scribes et pharisiens hypocrites car vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, mais qui sont plein d’ossements de morts et de toutes sortes d’impuretés au-dedans. Serpents, race de serpents, comment échapperez-vous au jugement de la géhenne ?, c’est pourquoi voici, moi, je vous envoie des prophètes et des sages, et vous en tuerez, et vous les persécuterez de ville en ville, afin que vienne sur vous le sang juste, versé sur la terre. Voici votre maison, vous est laissée déserte désormais, jusqu’à ce que vous disiez, béni sois celui, qui vient au nom du Seigneur ».
(Mathieu chapitre 23 extrait des versets 1 à 39, Marc chapitre 12, extrait des versets 38 à 40, Luc chapitre 20, extrait des versets 45 à 47).
Après avoir lancé cette longue diatribe sur le comportement des pharisiens, Jésus sort du temple et montrant l’édifice en lui-même, il explique à ses disciples que celui-ci sera détruit et ses pierres jetées au sol. Ensuite il va se ressourcer au mont des oliviers ou ses fidèles intrigués par ces paroles le rejoignent pour le questionner à propos du jour où viendra ce moment.
Jésus sait qu’il a peu de temps et qu’il doit les mettre en garde pendant qu’il est encore sur terre.
- « Prenez garde que personne ne vous séduise, car plusieurs viendront en mon nom, disant, moi je suis le Christ et ils en séduiront plusieurs, et vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres. Prenez garde que vous ne soyez troublés car il faut que tout arrive, mais la fin n’est pas encore là. Nation s’élèvera contre nation et royaume contre royaume. Il y aura des famines, des pestes, et des tremblements de terre en divers lieux. Mais toutes ces choses sont un commencement de douleurs. Alors ils vous livreront pour être affligés et ils vous feront mourir, et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de de mon nom. Et prenez garde aux faux prophètes car plusieurs s’élèveront et en séduiront beaucoup, mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Et cet évangile sera prêché dans la terre habitée toute entière, en témoignage à toutes les nations, et alors viendra la fin. Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient. Soyez prêts car à l’heure que vous ne pensez pas, le fils de l’homme vient».
(Mathieu chapitre 24, extrait des versets 1 à 14 et 42 à 44, Marc chapitre 13, extrait des versets 1 à 13 et 35 à 37, Luc chapitre 21, extrait des versets 5 à 28 et 36, Jean chapitre 2, extrait des versets 18 à 31).
Maryam écoute sans mot dire. Elle retient surtout que Jésus vient de les mettre en garde contre tous les faux prophètes et les gourous qui pourraient venir après lui, avec de belles promesses dans leur sac de fariboles. Elle comprend qu’il est le dernier messager que Dieu a envoyé sur terre. Il est le sacrifice ultime de l’amour, par celui de son fils né de la chair, afin d’alerter les humains sur les conséquences de leurs actes, et leur demander de se repentir de leurs péchés.
Jésus continue d’enseigner aux Douze, afin de leur faire entrevoir ce que sera l’avenir qui attend l’humanité.
- « Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme un berger sépare les brebis et les chèvres, mettant les unes à sa droite et les autres à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite, venez les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé, car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire, j’ai eu froid car j’étais nu et vous m’avez vêtu, j’étais à la rue et vous m’avez recueilli. En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous avez agi ainsi avec mes frères, les plus démunis, les plus pauvres, les plus petits, c’est comme si vous l’aviez fait à moi ».
(Mathieu chapitre 25, extrait des versets 31 à 46, Jean chapitre 13, extrait verset 20).
Maryam, écoute ces paroles dites avec l’autorité d’un chef et elle sait que Jésus révèle ainsi qu’il est envoyé de Dieu, un chef spirituel pour les fidèles, un pasteur pour les brebis égarées et elle remercie Dieu de tout son cœur, de lui avoir permis de croiser la route de son messager. Elle a une vision qui se dessine devant ses yeux et s’imprime dans son esprit. Il est l’oint du Seigneur, celui que bientôt tous connaîtront comme étant le Christ, Jésus-Christ fils de Dieu et Sauveur, et dont le signe de reconnaissance entre les premiers chrétiens sera d’abord la forme d’un poisson nommée « Ichtus » (Iesous CHristos Theou HUios Sotor) car Jésus se veut un pêcheur d’hommes
Elle voit aussi que ses disciples devenus ses apôtres devront continuer sa mission de pêcher toutes les âmes égarées qu’ils pourront trouver lors de leurs voyages évangélisateurs sur la terre entière, bien au-delà de la Palestine, dans des contrées qui lui sont inconnues, à elle, Maryam. Sa vision la laisse troublée car elle sait qu’un grand sacrifice lui sera aussi demandé un jour, avant d’accéder au royaume éternel promis par Dieu à travers les paroles de Jésus.
Elle revient à la réalité de l’instant présent. Jésus a fini son discours et il déclare à ses disciples que dans deux jours, c’est la Pâque, et que c’est à ce moment-là que le fils de l’homme sera livré pour être crucifié.
Effectivement, pendant que Jésus vit ses dernières heures au milieu de ses proches, les pharisiens, sacrificateurs et anciens s’assemblent dans le palais du grand prêtre nommé Caïphe, pour organiser un complot où le galiléen blasphémateur à leurs yeux, sera arrêté et mis à mort après un rapide procès. Mais sachant que le peuple est pour Jésus, ils décident de ne pas procéder à son arrestation pendant la fête.
Se doutant de ces funestes préparatifs contre lui, Jésus trouve refuge dans la ville de Béthanie, chez Simon le lépreux, qui l’accueille chez lui. L’apercevant à la table de son hôte, une femme, entre en portant un vase d’albâtre, contenant un parfum d’un grand prix. Certains parmi les convives la disent pêcheresse.[1] Quoiqu’il en soit, elle s’approche de Jésus, puis en répand sur sa tête avant de s’agenouiller pour lui laver les pieds, tout en les baignant de ses larmes et en les essuyant avec ses cheveux, avant de les oindre avec le parfum coûteux, qu’elle a apporté. Les disciples indignés se disent que ce parfum aurait pu être vendu pour une forte somme et que cet argent aurait servi pour aider les pauvres. Mais Jésus leur rappelle qu’il est inutile d’être déplaisant avec cette femme car elle a fait une bonne œuvre envers lui. Il y aura toujours des pauvres à s’occuper mais lui n’a plus beaucoup de temps sur cette terre. En parfumant son corps, cette femme l’a fait pour sa sépulture à venir. Puis se tournant vers cette femme, il la renvoie chez elle lui disant que ses péchés sont pardonnés car elle a beaucoup aimé, que sa foi l’a sauvée, et qu’elle aille en paix désormais.
(Mathieu chapitre 26, extrait des versets 6 à 13, Marc chapitre 14, extrait des versets 3 à 9, Luc chapitre 7, extrait des versets 36 à 50).
Maryam est de nouveau touchée par l’humanisme dont fait preuve Jésus en toute circonstance. Sa perception de la nature humaine, son analyse remplie de sagesse et sa manière de permettre aux autres de modifier leur comportement, quand celui-ci est contraire à la volonté de Dieu, sans pourtant les juger, est une révélation pour la femme bienveillante qu’elle essaie d’être chaque jour.
Quelque temps plus tard, des serviteurs de Marthe et Marie sa sœur, viennent de Béthanie pour trouver Jésus car Lazare, leur frère est malade et elles le prient de venir en leur domicile, afin de guérir celui qui est son ami, mais Jésus traîne encore deux jours avant de se rendre au chevet du malade. Ses disciples veulent le dissuader de se rendre en Judée car les juifs cherchent à le lapider. Lorsque Jésus arrive enfin à destination, Lazare est dans son sépulcre depuis quatre jours. Béthanie étant près de Jérusalem, plusieurs juifs amis du défunt et de sa famille sont présents afin de consoler les deux sœurs. Marthe part à la rencontre de Jésus mais Marie reste assise dans la maison. Marthe, dans son chagrin, ne peut s’empêcher de faire des reproches à Jésus en lui disant que s’il avait été là plus tôt, son frère ne serait pas mort. Mais Jésus la rassure en lui promettant que Lazare va ressusciter. Il lui dit de croire en lui.
- « Moi je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point, à jamais ».
Marthe s’éloigne et va chercher Marie, ce que voyant, les juifs qui étaient avec elle, la suivent, pensant qu’elle allait au sépulcre pour pleurer. Comme sa sœur, elle se lamente auprès de Jésus, en lui répétant que s’il était venu plus tôt, son frère serait toujours en vie. En entendant cela, le Christ frémit et se fait conduire au tombeau, puis il demande que l’on ôte la pierre refermant la grotte mais ses sœurs l’avertissent que l’odeur de décomposition peut se faire sentir car il est là depuis quatre jours. A ce moment Jésus lève les yeux au ciel, et rend grâce à son père, puis il crie à haute voix.
- « Lazare, sors dehors ! ».
A ce moment, dans une vision hallucinante pour les témoins de ce miracle, Lazare se lève, le visage recouvert de son suaire, les pieds et les mains liées par des bandelettes et sort de son caveau, pour s’avancer vers Jésus, qui ordonne qu’on lui enlève ses ornements funéraires et qu’on le laisse aller ailleurs.
Plusieurs juifs, voyant cela, se disent que le Christ est bien le messie envoyé par Dieu mais les autres, horrifiés car pour eux c’est une nouvelle action inspirée par Satan l’ange déchu, vont raconter ce qu’ils ont vu, aux prêtres, sacrificateurs et pharisiens, qui se rassemblent une fois de plus, pour convenir de la mise à mort de ce blasphémateur démoniaque.
(Jean chapitre 11, extrait des versets 1 à 48)
Maryam tombe à genoux, pour remercier Dieu de l’avoir mise sur la route de son messager, celui qui est l’oint du Seigneur, le messie tant attendu et son âme est remplie de louanges pour le Très Haut.
Suite à cet évènement, Jésus part à Ephraïm où il séjourne quelques jours avec ces disciples.
La ville d’Ephraïm ou Ephraïm dans le désert est située en Judée, dans les collines sauvages et incultes au nord-est de Jérusalem, « perché sur une éminence remarquable et avec une vue étendue » entre les villes centrales et la vallée du Jourdain. Elle doit sans doute son nom à l’un des fils de Joseph, lui-même un des douze fils de Jacob, représentant les douze tribus d’Israël. On compte généralement la tribu d'Éphraïm comme étant une de ces tribus, à la place de celle de Joseph.
Après ce temps de repos pour se ressourcer, Jésus revient ensuite à Béthanie, six jours avant la Pâque juive. Lazare, Marthe et Marie retiennent Jésus et ses disciples à souper et Marie, prend un parfum de nard pur de grand prix, en oint les pieds du Christ et les essuie avec ses cheveux, remplissant la maison de l’odeur de ce parfum. Judas l’Iscariote, fils de Simon en prend ombrage car ce parfum aurait pu être vendu pour trois cent deniers et donné aux pauvres. En réalité, c’est parce qu’il est le responsable de la bourse pour toute la troupe, et qu’étant un peu voleur sur les bords, il aurait pu se servir mais Jésus le remet à sa place car pour lui Marie, l’a parfumé en vue de sa sépulture prochaine[2].
(Jean chapitre 12, extrait des versets 1 à 8).
Peu de temps après, Judas l’Iscariote, quitte les lieux et se rend au temple pour y rencontrer les sacrificateurs, afin de leur proposer un marché. Il leur livrera le « prophète perturbateur » contre une certaine somme d’argent. Les pharisiens lui promettent trente pièces d’argent pour sa trahison envers son mentor.
Le lendemain, qui était le premier jour des pains sans levain, les disciples s’enquièrent auprès de Jésus, du lieu où ils doivent préparer les festivités pour partager la Pâque avec lui. Jésus les envoie alors vers un de ses fidèles afin que lui et ses douze disciples puissent faire la Pâque chez lui, car son temps est proche. Le soir venu, il se met à table comme convenu avec les Douze, pour manger ensemble ce qui sera son dernier repas en ce monde.
- « En vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera ».
Les Douze sont fort attristés d’apprendre cela et l’interroge sur celui d’entre eux qui fera cela.
- « Celui qui aura trempé son morceau en même temps que moi dans le plat, celui-là me livrera. Le fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit mais malheur à cet homme, par qui cela doit arriver. Il aurait mieux valu pour lui qu’il ne fut pas né ».
Il se trouve que c’est Judas qui avance sa main vers le plat et en entendant cela, il comprend que Jésus sait qu’il sera l’auteur de cette infâmie, et il quitte précipitamment l’assemblée.
Jésus prend alors le pain, le bénit, le rompt et le donne à ses disciples.
- « Prenez et mangez car ceci est mon corps ».
Puis il prend la coupe, rend grâce à Dieu, et la donne à ses convives.
- « Buvez en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour la rémission des péchés. Désormais, je ne boirai plus des fruits de la vigne, jusqu’à ce jour, où je le boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père ».
Puis il rajoute une dernière recommandation.
- « Enfants, je suis encore pour un peu de temps avec vous, vous me chercherez mais là, où je vais aller, vous ne pourrez pas venir. Je vous donne un commandement nouveau, celui de vous aimer les uns et les autres comme moi je vous ai aimés. Si vous avez de l’amour entre vous, et que vous donnez de l’amour autour de vous, c’est à cela que le monde reconnaîtra que vous êtes mes disciples. Je vais vous préparer une place et je reviendrai vous prendre avec moi. Vous savez où je vais et vous en connaissez le chemin, car je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ».
Ayant fini leur repas, ils partent ensuite méditer et prier à la montagne des oliviers. Jésus leur apprend que cette nuit, ils auront peur et se cacheront mais Simon-Pierre lui soutient que lui ne le fera pas, ce à quoi, Jésus lui affirme qu’avant que le coq n’ait chanté, il l’aura renié trois fois. Pierre ne veut pas le croire, ni les autres disciples qui réitèrent leur soutien indéfectible à leur rabbi.
(Mathieu chapitre 26 extrait des versets 1 à 35, Marc chapitre 14 extrait des versets 1 à 31, Luc chapitre 22, extrait des versets 1 à 34, Jean chapitre 6, extrait des versets 64 à 71, chapitre 13, extrait des versets 21 à 38, chapitre 14, extrait des versets 1 à 7).
Maryam s’est glissée parmi les serviteurs de la maison accueillant Jésus et ses disciples. Elle a entendu les révélations que Jésus vient de faire à ses disciples, et elle est très émue. Ainsi donc, son cher Jésus va bientôt mourir, sacrifice ultime pour la rémission des péchés de l’humanité. Son cœur se sert à un tel point qu’elle a l’impression qu’ils s’arrête de battre. La douleur est trop violente et la plie en deux. Elle perd connaissance. Aussitôt des femmes s’approchent d’elle pour lui frictionner le visage avec des onguents afin qu’elle revienne à elle.
Lorsqu’il quitte la maison de son hôte, Jésus lui lance un regard rempli de tendresse, comme il a l’habitude de le faire avec toutes les personnes qu’il croise, car il a compris sa détresse.
Ils arrivent enfin au lieu de Gethsémané ou Gethsémani, ce qui veut dire « pressoir à huile ».
Ce lieu est situé au pied du Mont des Oliviers, au-delà du torrent du Cédron. C’est un grand domaine qui, durant les fêtes juives, abrite la foule qui ne sait pas où se loger. Jésus et ses disciples franchissent donc le torrent du Cédron et gagnent ce jardin où il vient habituellement avec ses disciples, lieu connu aussi par celui qui le trahira dans la nuit, ce que Jésus sait déjà avant de s’y rendre pour prier.
Jésus prend avec lui Simon-Pierre, Jacques et Jean les deux fils de Zébédée et s’en va prier. Il a le visage attristé et il sent l’angoisse monter en lui. Il voudrait implorer son père de lui épargner cette cruelle épreuve, même s’il sait que son destin est écrit car il faut que s’accomplisse la prophétie.
- « Mon âme est saisie de tristesse, jusqu’à la mort. Demeurez ici et veillez avec moi ».
Puis il s’éloigne pour être seul avec Dieu.
- « Mon père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi, toutefois non pas comme moi je veux mais comme toi, tu veux ».
Se retournant il constate que Simon-Pierre et les deux autres se sont endormis.
- « Ainsi, vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi, veillez et priez afin que vous n’entriez pas en tentation. L’esprit est prompt mais la chair est faible ».
Il repart sur ses pas pour prier afin d’apaiser sa peur de l’épreuve à venir.
- « Mon Père, s’il n’est pas possible que ceci passe loin de moi, sans que je le boive, que ta volonté soit faite ».
Retournant en arrière, il constate qu’une fois de plus, les disciples se sont endormis. Déçu il s’éloigne une troisième fois, prononçant les mêmes paroles vers les cieux. Puis il revient vers ses hommes, en leur disant que désormais, ils pouvaient dormir car pour lui, l’heure est arrivée d’être livré entre les mains des pharisiens, par celui qui doit le faire.
Au loin apparait Judas, le treizième convive et traître, suivi par les principaux membres du clergé judaïque et des anciens du peuple et des soldats . Il avait convenu avec eux, que celui qu’il embrasserait, serait l’homme à saisir. Il s’avance vers Jésus, et lui donne un baiser amical. A ce moment la cohorte d’hommes armés s’empare du Christ mais parmi ceux présents parmi les disciples, lors de cette arrestation, certains portent des épées, et Simon-Pierre coupe l’oreille de l’esclave du sacrificateur. Jésus, étant un pacifiste, leur demande à tous de remettre leurs épées dans leurs fourreaux car ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Puis il remet l’oreille coupée sur la tête de Malchus, car c’est ainsi que se nomme l‘homme mutilé.
- « Êtes-vous sortis comme si vous deviez prendre un brigand, avec des épées et des bâtons ? J’étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple et vous ne vous êtes pas saisis de moi. Mais tout ceci est arrivé, afin que les écritures des prophètes soient accomplies ».
Voyant la scène, tous les disciples prennent peur et s’enfuient, abandonnant Jésus à son triste sort.
(Mathieu chapitre 26, extrait des versets 36 à 56, Marc chapitre 14, extrait des versets 32 à 51, Luc chapitre 22, extrait des versets 39 à 53, Jean chapitre 18, extrait des versets 1 à 11).
Maryam a tout vu, tout entendu. Ne pouvant se résoudre à laisser son mentor spirituel seul, sachant que bientôt, il ne serait plus de ce monde, elle s’est faufilée dans l’immense jardin puis s’est cachée derrière un gros tronc d’arbre, à quelques centimètres de l’endroit où priait Jésus. Elle a entendu son désarroi et sa déception de voir que le trio choisi parmi ses disciples, s’était endormi, au lieu de veiller et de prier avec lui, pour sa dernière nuit de liberté. Elle n’a que son courage comme seule arme, mais à l’instant présent, elle se résigne car il n’y a pas d’autre choix. Elle a compris que le sacrifice de l’agneau doit avoir lieu, pour réaliser les différents textes des écritures anciennes. Par contre elle se fait la promesse de ne plus dormir que le temps nécessaire pour la survie de son organisme, afin de ne plus perdre de temps en futilités. Désormais, elle sera elle aussi, une lampe allumée dans l’obscurité, une lampe qui portera la lumière, à ceux qui vivent dans la pénombre. Elle se fera la porte-parole du Christ, une voix qui s’élève dans les ténèbres, pour leur faire découvrir le véritable chemin, celui qui ne passe que par l’acceptation de Jésus en tant que sauveur envoyé par l’Éternel. Elle est sûre que Jésus qui voit tout, notamment, la profondeur des cœurs, sait qu’il a une disciple qui lui survivra, prête à son tour au sacrifice ultime, pour la gloire de Dieu.
Pour l’heure elle voit Jésus, enchaîné et emmené comme un vil scélérat, devant Caïphe, le souverain sacrificateur.
Joseph, dit Caïphe est un grand-prêtre du Temple de Jérusalem. Il a été nommé en l’an 18 par le préfet romain de Judée Valerius Gratus. Il est le gendre de Hanan ben Seth qui occupa la fonction de grand prêtre entre l’an 6 et l’an 15, et qui est à la tête d'une famille de la classe dirigeante qui fournira des grands prêtres pendant une partie du premier siècle. Il entretient de bonnes relations avec le pouvoir romain et en particulier avec Ponce Pilate, compte tenu du fait qu'il occupera la fonction de grand prêtre pendant près de vingt ans. Caïphe a parfaitement compris ce que l’autorité romaine en place attend de lui, puisqu'il restera en place pendant dix-huit ans et ne sera même pas remplacé pendant les dix ans de mandat de Ponce Pilate.
Caïphe estime que Jésus met la nation juive en danger.
- « Il est préférable qu'un homme meure plutôt que la nation tout entière » argumente-t-il.
Tous les sacrificateurs, les prêtres et les anciens et tout le sanhédrin cherchent un moyen d’obtenir des faux témoignages contre Jésus, et ainsi avoir une raison religieuse officielle, pour le mettre à mort.
Le nom de Sanhédrin s'applique, à l'époque romaine, à la fois aux petits tribunaux communaux existant dans toutes les villes de la Palestine et au Grand Conseil de Jérusalem dont le rôle était infiniment plus important.
Les petits sanhédrins sont des tribunaux locaux, sortes de conseils municipaux, qui existent en Israël depuis les temps les plus reculés. Ces tribunaux se composent d'au moins sept membres. Ce chiffre peut être porté à vingt-trois pour les communes plus importantes.
Le grand Sanhédrin de Jérusalem, dont les décisions sont reconnues par tous les Juifs, est de date beaucoup plus récente. C'est une sorte de gouvernement aristocratique présidé par le grand-prêtre qui joue un grand rôle dans l'histoire du judaïsme. A la suite de la prise de Jérusalem par Pompée en l’an 63 avant l’ère actuelle, le proconsul Gabinius, pour assimiler la Palestine aux autres provinces romaines, divise le pays en cinq districts. De la sorte, la cité de Jérusalem est rabaissée au rang d'un conseil de district dont la compétence ne s'étend pas aux autres districts. Ainsi Hérode est obligé de se présenter devant lui pour rendre compte d'actes commis en Galilée. Lorsqu’il arrive au pouvoir, il tue les membres du Sanhédrin mais il les remplace par d'autres, et l'institution subsiste. Après la mort d'Hérode, le royaume étant partagé entre ses fils, la Judée seule dépend du Sanhédrin sous Archélaüs et les procurateurs romains.
A l'époque de Jésus, le Sanhédrin est la plus haute autorité juridique et administrative. Toutes les questions trop importantes pour être réglées par les tribunaux locaux sont portées devant lui, à moins qu'elles ne soient du ressort exclusif des procurateurs romains. Juridiquement, sa puissance est limitée, en ce temps, à la Judée. Jésus n'est mis en accusation qu'à Jérusalem. Pourtant les décisions du Sanhédrin engagent moralement tous les Juifs. Il est autorisé à prononcer la condamnation à mort, même sur un citoyen romain lorsque celui-ci a franchi une certaine limite dans le temple. Toutes les condamnations à mort doivent être confirmées par le procurateur romain.
Le Sanhédrin se compose, de soixante et onze membres nommés probablement à vie et par cooptation, et reçus par le rite de l'imposition des mains. Sous la présidence du grand-prêtre, ils se réunissent dans une salle spéciale, à l'est de la place appelée Xyste, probablement sur la colline du temple. C'est par exception que le procès de Jésus a lieu au palais du grand-prêtre.
Le noyau du Sanhédrin est formé par les représentants les plus influents du haut clergé, les « archiprêtres ». Les autres membres sont des « scribes » ou des « anciens ». Puisque le Sanhédrin comprend avant tout l'aristocratie sacerdotale, l'influence du parti des Sadducéens y prédomine. Mais des scribes pharisiens, y entrent en plus grand nombre et désormais l'influence pharisienne grandit dans le Sanhédrin. A l'époque de Jésus, les deux tendances y sont représentées. Les Sadducéens ont une plus grande autorité extérieure dans l'assemblée, mais les Pharisiens inspirent l'esprit de ses décisions.
(Source. --E. Stapfer, Le Sanhédrin de Jérusalem au 1er siècle (Rev. Laus., 1884, pp. 105-119). --Sur la question de la compétence du grand Sanhédrin lors du procès de Jésus).
Maryam suit la foule qui accompagne Jésus, face à Caïphe.
Bientôt des témoins s’approchent pour accabler à charge Jésus car il a dit à tous qu’il détruirait le temple de Yahvé et qu’il le rebâtirait en trois jours.
Caïphe se tourne vers Jésus pour savoir si cela est exact et face à son mutisme, il le somme de répondre.
- « Je t’adjure, par le Dieu vivant, que tu nous dises, si toi, tu es le Christ, l’oint du Seigneur, le Fils de Dieu ».
- « Tu l’as dit, répond Jésus, dorénavant, vous verrez le fils de l’homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel ».
Alors le souverain sacrificateur, déchire ses vêtements, en invectivant le conseil d’anciens, les scribes et les autres.
- « Il a blasphémé, qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous avez entendu maintenant son blasphème. Qu’en pensez-vous ? ».
Tous répondent qu’il mérite la mort.
Alors ils lui crachent au visage et le giflent avec violence, en le provoquant, en le narguant et en se moquant de lui.
Simon-Pierre est assis dans la cour et il entend les clameurs et le tumulte qui viennent de l’intérieur. Une servante s’approche de lui et le reconnait.
- « Toi aussi, tu étais avec le galiléen ».
De peur, il nie avoir été un des disciples de Jésus, mais une deuxième puis une troisième servante, disent toutes les deux qu’elles l’ont vu avec le galiléen.
Il se met à contester les faits en faisant serment qu’il dit la vérité, mais à ce moment-là, le coq se met à chanter et Simon-Pierre s’éloigne vite de cet endroit, pour pleurer amèrement, car il se souvient que Jésus lui a annoncé, qu’avant que le coq ne chante, il le renierait trois fois.
(Mathieu chapitre 26, extrait des versets 59 à 75, Marc chapitre 14, extrait des versets 53 à 72, Luc chapitre 22, extrait des versets 54 à 71, Jean chapitre 18, extrait des versets 12 à 27).
Maryam est tellement triste de constater que des gens indignes de seulement lacer les sandales de Jésus, le persécutent pour le faire mourir. Elle ne mange plus, ne dort plus, attentive à rester le plus près possible de son bien-aimé Seigneur, pour rester avec lui jusqu’au bout de son supplice. Le visage et le corps dissimulés sous d’amples voiles, personne ne la reconnait et elle peut ainsi rester dans les parages, sans crainte d’être harcelée sur son appartenance à la « troupe » du galiléen, comme ils l’appellent tous depuis son arrestation.
Le lendemain matin, tous les membres du Sanhédrin, sont restés sur leur position de faire condamner Jésus par les autorités romaines, qui avaient le pouvoir d’ordonner les exécutions à mort. Après lui avoir entravé les mains, ils conduisent Jésus devant Ponce Pilate, alors gouverneur de la Judée.
Ponce Pilate est un citoyen romain membre de la classe équestre qui, à partir de l’an 26, sous le règne de l'empereur Tibère, et durant dix à onze ans, a occupé la charge de préfet de Judée. Il est l’époux de Claudia Procula, laquelle pourrait être une parente de l'empereur Tibère ou à la petite-fille de l'empereur Auguste, mais personne ne connait vraiment ses origines.
Lorsque Judas se rend compte des dégâts qu’il a causés en dénonçant son mentor, il se dit que cela va trop loin et pris de remords, il veut revenir en arrière afin que tout redevienne comme avant, mais malheureusement cela n’est pas possible. Il propose de rendre le prix de la trahison à ceux qui lui l’ont remis, lesquels trop contents de détenir enfin l’objet de leur haine, refusent sa proposition. Judas, ravagé par le fait d’avoir sacrifié le sang innocent, jette les pièces dans le temple et s’enfuit pour aller se pendre à un arbre, afin de payer à son tour le prix de sa faute. Les pharisiens jouant les bons pratiquants hypocrites, se disent qu’ils ne peuvent pas mettre dans le trésor sacré, ce qui est issu du prix du sang, pourtant commandité et payé par eux-mêmes. Pour préserver leur honorabilité, ils achètent le champs du potier avec cet argent maudit, qu’ils destinent à contenir les sépultures des étrangers.
Jésus, quant à lui est face au gouverneur Ponce Pilate qui mène l’interrogatoire du fameux perturbateur galiléen, celui qui parcourt le territoire juif, en prêchant au nom de Dieu, celui que certains appellent Messie, et d’autres blasphémateurs. Pour lui, c’est un personnage intéressant, qu’il est content de rencontrer, car il sent qu’il est différent des criminels juifs, qu’on lui amène habituellement.
- « Es-tu, celui que l’on nomme le roi des juifs ? ».
- « Je le suis, mais mon royaume n’est pas de ce monde. Je suis ici pour rendre témoignage de la vérité».
- « N’entends-tu pas tous les témoignages dont ils t’accablent, pourtant moi je ne trouve aucun crime en toi », rajoute Pilate en désignant le groupe de sacrificateurs et de scribes.
Le mutisme de son interlocuteur étonne Ponce Pilate qui réfléchit à la décision qu’il est censé prendre dans de telles circonstances. Il se doute bien que cet homme n’a commis aucun crime, mais que c’est par méchanceté ou par envie, que Caïphe et son clan, lui ont amené Jésus pour qu’il soit condamné par lui. Or il se trouve que ce jour-là est aussi sa fête et qu’il est coutumier de libérer un prisonnier. Dans la prison, outre Jésus, il y avait un certain Barabbas.
Barabbas est responsable d’insurrection, de meurtre et de cambriolage, ce qui lui a valu son arrestation. Il pourrait être issu d’une famille rabbinique notable. C’est sans doute un « Zélote ». En effet Les Zélotes sont les membres d'un mouvement politico-religieux juif qui incite le peuple de la province de Judée à se rebeller contre l'Empire romain et à l'expulser par la force des armes. Ce n’est donc pas un criminel ordinaire et sa condamnation ne peut pas être semblable à celle concernant les justiciables commettant des délits dits de « droit commun ».
Pilate se tourne vers les pharisiens et leur propose de choisir entre Jésus et Barabbas, et qu’il libérera celui qu’ils préféreront voir libre.
Puis il prend place dans son siège de tribunal pour diriger cette audience entre Jésus et ses accusateurs. A ce moment Claudia son épouse lui envoie un message où elle le supplie de ne rien commettre d’irréparable contre Jésus.
- « N’aie rien à faire avec ce juste, car j’ai beaucoup souffert aujourd’hui à son sujet, dans un songe ».
Malheureusement, les pharisiens, comme des serpents venimeux, ont incité la foule à voter pour la libération du brigand, plutôt que celle de l’innocent, sacrifié sur l’autel de leur veulerie. C’est ainsi qu’il est demandé la vie de Barabbas en échange de celle du Christ, à la stupeur de Ponce Pilate, qui ne comprend pas quel mal a pu faire cet homme pour déclencher une telle animosité de la part du grand Sanhédrin de Jérusalem.
- « A mort ! à mort ! qu’on le crucifie » crie la foule manipulée, à propos du galiléen.
Voyant que cela tourne en tumulte, Ponce Pilate se fait amener un récipient d’eau, puis il plonge ses mains, les ressort en les secouant.
- « Je suis innocent du sang de ce juste, vous, vous y aviserez », signifiant par ces mots, qu’il ne pourra pas être tenu pour responsable du sort de Jésus et que son sang devra retomber sur les pharisiens et ceux qui l’auront condamné à cette mort cruelle.
Le peuple chauffé à blanc par la harangue des pharisiens, lui répond en criant que son sang soit donc sur eux et sur leurs enfants.
Pilate relâche donc Barabbas, puis il livre Jésus entre les mains de ses soldats, pour être fouetté et ensuite crucifié.
(Mathieu chapitre 27, extrait des versets 1 à 26, Marc chapitre 15, extrait des versets 1 à 15, Luc chapitre 23, extrait des versets 1 à 25, Jean chapitre 18, extrait des versets 28 à 40 et chapitre 19, extrait des versets 1 à 16).
Maryam est dans la foule et elle a assisté à cet incroyable procès qui lui a laissé un goût amer dans la bouche. Comment ces gens ignobles ont-ils pu demander la tête de l’innocent au lieu de celle du coupable. Elle est mortifiée par l’ignominie et la perversité humaines. Les larmes lui montent aux yeux, mais elle sait qu’il sera temps pour pleurer, plus tard, quand le Christ ne sera plus parmi eux. Pour l’instant, elle se doit d’être courageuse, pour rester le plus près de lui, jusqu’au bout, afin qu’il sente la présence des êtres qui l’aiment, lors de ses ultimes instants sur terre.
Elle entend un cliquetis et se retourne. La vue de Jésus, encadré par une armée de soldats lui est une vision d’horreur. Ils se moquent de lui et le frappent en l’invectivant et c’est une image douloureuse. Ceux-ci emmènent le Christ au Prétoire, dans l’intérieur de la cour, où il sera supplicié avant sa mise à mort.
Le prétoire est étymologiquement l'endroit où se trouve le « praetor » qui signifie chef. Le mot peut être entendu sous divers sens. Le «prætorium» désigne le palais de Ponce Pilate, le procurateur romain de Judée, et c'est en ce lieu que Jésus (que bientôt tout le monde connaîtra sous celui de Jésus-Christ) est condamné à mort. Le prétoire du gouverneur romain de Judée est le palais d'Hérode à l'époque où vit Jésus.
Les soldats romains s’acharnent sur Jésus, lui ôtant ses vêtements, signifiant ainsi qu’ils lui enlèvent sa dignité d’être humain. Ensuite ils le recouvrent d’un manteau écarlate puis ils tressent une couronne d’épines qu’ils lui enfoncent sur la tête, faisant ainsi couler le sang sur son visage meurtri par la douleur. Pour parachever leur simulacre de royauté envers l’homme déchu, ils lui mettent un roseau dans sa main droite. Ensuite, ils fléchissent les genoux devant lui en l’invectivant « salut roi des Juifs ». Après s’être bien moqué du malheureux prisonnier, ils lui crachent au visage, puis lui arrachent son bâton de roseau, et le frappent sur la tête. Lorsqu’ils en ont fini avec leur amusement barbare, ils lui reprennent le manteau rouge, le revêtissent avec ses propres vêtements et l’emmènent pour aller le crucifier.
En sortant, ils voient un homme de Cyrène, nommé Simon, père d’Alexandre et de Rufus, à qui, ils imposent d’aider Jésus à porter sa croix jusqu’au Golgotha.
Le Golgotha ou Calvaire, nommé aussi « lieu du crâne », est une colline située dans l'Antiquité à l'extérieur de Jérusalem, sur laquelle les Romains attachaient les condamnés à mort sur une croix en forme de T.
Chez les romains il était d’usage que les condamnés emmènent leur propre croix jusqu’au lieu du supplice. De fait, ils ne portaient en réalité que la pièce transversale de la croix, celle sur laquelle leurs mains allaient être clouées, en l’occurrence une pièce de bois qui s’appelait « patibulum », ce qui signifie « qui mérite de porter une croix ». Cette appellation a donné le mot patibulaire en français. Cet objet est fixé ensuite sur un pieu vertical fiché en terre. Le mot « crux » en latin, croix en français, désignait au début un simple pieu planté en terre, puis a désigné l’ensemble du bois servant à la crucifixion. Les condamnés portaient le « patibulum » en travers des épaules, les avant-bras attachés au bois par des cordes.
Lors de sa traversée sur son chemin de douleur, Jésus remarque des femmes qui pleurent, tout en se frappant la poitrine et il leur demande de ne pas pleurer sur lui, puis il prophétise sur l’avenir de Jérusalem.
- « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et vos enfants, car voici des jours viennent, où on dira que les stériles, les ventres qui n’ont pas enfanté et les mamelles qui n’ont pas nourri, seront dites bienheureuses ».
(Mathieu chapitre 27, extrait des versets 27 à 32, Marc chapitre 15, extrait des versets 16 à 21, Luc chapitre 23, extrait des versets 26 à 32, Jean chapitre 19, extrait des versets 1 à 16).
Maryam est noyée dans la foule qui harangue Jésus tout au long du trajet funeste pour se rendre sur le lieu de son exécution. Elle a tellement mal pour lui. Elle tremble lorsqu’il chute, elle gémit lorsqu’’elle voit les soldats le frapper avec violence, pour le faire relever. Comment des êtres humains peuvent-ils être aussi cruels envers d’autres êtres humains ? Elle n’arrive pas à comprendre car tout en elle, n’est qu’empathie et compassion pour les autres.
En arrivant en haut du calvaire, Jésus est cloué sur la partie transversale avant d’être hissé, surplombant ainsi tous les spectateurs venus assister à sa mise à mort, soit pour l’insulter, soit pour prier pour lui, et implorer la clémence divine.
Pilate fait placer un écriteau que les romains désignent comme « titulus crucis » sur la croix de Jésus où il est inscrit « INRI », ce qui veut dire « le roi des juifs », et cela rend furieux les sacrificateurs du culte judaïque. Ceux-ci lui demandent de modifier l’inscription en mettant que lui a dit « je suis le roi des juifs » mais Pilate refuse d’accéder à leur revendication et maintient ce qui est écrit.
(Jean chapitre 19, extrait des versets 19 à 22).
INRI est l’acronyme de l’inscription IESVS NAZARENVS REX IVDÆORVM : «Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs». L’usage de ce type de tablette était destiné à mentionner le motif de la condamnation.
Deux autres croix sont dressées, l’une à sa droite et l’autre à sa gauche. Ce sont deux brigands qui n’ont pas été graciés par le gouverneur. L’un des deux, se met à injurier Jésus, en se moquant de lui et de son prétendu pouvoir de roi des juifs mais l’autre larron le fait taire, en lui rétorquant, qu’eux méritent le sort qu’ils subissent pour les méfaits qu’ils ont commis mais que Jésus n’a rien fait de mal, et qu’il ne mérite pas la mort. Puis il se tourne vers Jésus et lui demande de se souvenir de lui, lorsqu’il sera dans son royaume. Jésus lui promet que ce jour même, il sera avec lui au paradis.
Une fois que les condamnés sont fixés sur leur potence, les soldats les surveillent tout en se partageant leurs vêtements. Leur convoitise se porte sur la tunique de Jésus qui est de bonne qualité, un vêtement sans couture, tissé tout d’une pièce depuis le haut jusqu’en bas. Ils ne veulent surtout pas qu’il soit déchiré, c’est pourquoi ils préfèrent le tirer au sort. En agissant ainsi, ils ont laissé s’accomplir les écritures qui prédisaient cela.
Le fait que la tunique de Jésus soit de bonne qualité et cousue d’un seul morceau permet de définir que Marie et Joseph, les parents de Jésus, sont d’une aisance relative. Joseph était charpentier de métier et son fils « adoptif » l’a été aussi, avant d’entreprendre ses trois années d’évangélisation dans toute la contrée. Son échoppe devait leur permettre de vivre assez confortablement.
Près de la croix, se tiennent Marie sa mère, la sœur de sa mère, Marie Jacobé qui est femme d’Alphée, mère de Jacques le Mineur et de Joset, Marie Salomé, mère des fils de Zébédée, Marie femme de Clopas, Marie de Magdala. Marie Jacobé serait la demi-sœur de Marie la mère de Jésus et de Marie Salomé. En effet Marie la mère du Christ est née du premier mariage d’Anne avec Joachim, alors que Marie Jacobé est issue de la deuxième union d’Anne avec Cléophas, lui-même frère de Joseph, l’époux de sa sœur utérine Marie, et père adoptif de Jésus, et Marie Salomé est quant à elle née du troisième mariage d’Anne avec un homme dénommé Salomas ou Salomé.
Parmi les premiers disciples ayant suivi la route de Jésus, Jacques le Majeur et Jean, fils de Zébédée et de Marie Salomé, ainsi que Jacques le Mineur et Joset, fils de Alphée et de Marie Jacobé sont les demi-cousins germains de Jésus Christ par leur mère.[3]
Jésus voyant sa mère en larmes, lui montre son disciple Jean en lui disant, que désormais, ce sera son fils, puis il se tourne vers Jean, en lui disant qu’à partir de maintenant, elle sera sa mère[4]. Jésus se sent rassuré de ne pas laisser sa mère abandonnée et de l’avoir confié à son disciple, ami et cousin. Sachant que bientôt, tout serait accompli, il attend que s’achève sa destinée terrestre, afin que la prophétie de Dieu se réalise.
(Mathieu chapitre 27, extrait des versets 33 à 44, Marc chapitre 15, extrait des versets 22 à 32, Luc chapitre 23, extrait des versets 33 à 43, Jean chapitre 19, extrait des versets 17 à 27).
Maryam est au pied de la croix, au milieu des autres femmes. Elles sont maintenues à distance par les soldats. Elles prient et elles pleurent sur le fils, l’homme, le prophète qu’elles chérissent.
A la sixième heure, l’obscurité se met à recouvrir toute la contrée. Il n’y a plus de soleil, plus de lumière. Tout devient de plus en plus sombre.
A la neuvième heure, Jésus s’écrie d’une voix forte :
- « Éli, Éli, lama sabachthani ? » ce qui signifie « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».
Cela fait des heures que Jésus est cloué sur son objet de torture, et la soif lui brûle la gorge. Un soldat s’approche et lui tend une éponge trempée dans du vinaigre et du fiel. L’ayant goûté, il refuse d’en boire.
A l’époque, les soldats romains n’avaient droit qu’au vin aigri, qui n’est autre que du vinaigre. Il se disait que l’eau vinaigrée étanchait mieux la soif par son caractère acide.
Jésus est à bout de forces. Il crie une dernière fois.
- « Père entre tes mains, je remets mon esprit ».
Puis au bout de sa longue agonie, il rend son âme. A ce moment-là, le voile du temple se déchire en deux depuis le haut jusqu’en bas et la terre se met à trembler, les rochers se fendent et les sépulcres s’ouvrent.
Le centurion ainsi que les soldats qui veillent sur Jésus, prennent peur en constatant les phénomènes surprenants, déclenchés par la mort de Jésus. Le centurion s’agenouille et déclare que celui-ci était certainement le fils de Dieu.
Comme le soir venu était le début du jour du shabbat, les juifs ne veulent pas que les corps restent suspendus sur le gibet. Ils demandent à Pilate, la permission de rompre les jambes aux trois condamnés, afin de pouvoir les décrocher et les enterrer. Les soldats procèdent donc ainsi avec les deux brigands mais constatant que Jésus est déjà mort, ils ne lui brisent pas les jambes. Un soldat lui perce le flanc avec une lance et il en sort du sang et de l’eau, et il en fait témoignage auprès des autres.
Ainsi une fois de plus, les soldats romains ont été les instruments par lesquels les écritures s’accomplissent. En effet, il était dit que « pas un de ses os ne serait cassé », et « qu’ils regarderont vers celui qu’ils ont percé ».
(Mathieu chapitre 27, extrait des versets 45 à 56, Marc chapitre 15, extrait des versets 33 à 41, Luc chapitre 23, extrait des versets 44 à 49, Jean chapitre 19, extrait des versets 28 à 37).
Maryam est prostrée au milieu des autres femmes. Un coup de poignard lui déchire le cœur. Elle voudrait s’avancer et étreindre la pauvre mère qui vient de perdre son fils mais elle voit qu’elle est déjà bien entourée, par les nombreuses « Marie » qui l’entourent. La vision de cette mère amputée de sa chair et de son sang, assise par terre, tenant le corps de son fils sans vie, entre ses bras comme une ultime protection maternelle, lui est insoutenable. Elle laisse court à son propre chagrin et elle en veut à tous ces bienpensants, ces hypocrites qui vont à la synagogue, et jouent les vertueux, alors qu’ils ont le cœur aride et empoisonné par toutes leurs mauvaises pensées. La religiosité est ce qui se voit mais derrière l’apparence, il y a la vérité de l’âme et celle-ci n’est pas forcément agréable à Dieu car elle véhicule des choses parfois malsaines.
Ci-dessous : Détails de la carte de Van Adrichom qui représentent (dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de la gauche, en haut) l’arrivée du Christ à dos d’âne à Jérusalem le dimanche des rameaux; la Cène; sa crucifixion au Golgotha, qui fait l’objet de plusieurs scènes, la dernière étant la numéro 255, qui représente Marie, la mère de Jésus, tenant dans ses bras le corps de son fils. (Photographie de la bibliothèque nationale d’Israël).

Joseph, un riche homme d’Arimathie (ou Arimathée) est un notable juif, membre du sanhédrin. Il est attristé à la vue du groupe de femmes éplorées, pleurant et priant sur la dépouille de Jésus, car lui-même est devenu spirituellement un disciple de la doctrine du Christ, va trouver Pilate, afin que celui-ci lui remette le corps, pour son inhumation, ce que celui-ci autorise immédiatement, manifestant sans doute un certain remords, d’avoir vu mourir cet homme juste.
[1] Ces trois évangélistes racontent la même scène de la pêcheresse chez Simon le lépreux contrairement à Jean chapitre 11, extrait du verset 2 qui nomme cette femme Marie sœur de Lazare, et situe la scène dans la maison de Lazare, en tant qu’hôte de Jésus avec ses sœurs Marthe et Marie.
[2] L’épisode de la femme au parfum parait être la même dans les évangiles de Mathieu, Marc et Luc, où il n’est pas donné de prénom à cette femme, hormis le fait qu’elle est une pêcheresse. Pourtant Jean en parle dans le chapitre 11, verset 2, pour désigner Marie avant la résurrection de Lazare et il raconte de nouveau cette scène, après la résurrection de Lazare, ce qui est ambigu et laisse supposer que cela pourrait avoir eu lieu deux fois. Jean fait partie des disciples du Christ, et il a sans doute été témoin de tous ces évènements, qu’il a fait transcrire en fin de vie aux scribes qui ont écrit son évangile et l’apocalypse mais l’ordre chronologique par rapport aux trois autres évangiles est différent, et il est difficile de les contextualiser ensemble. Cela semble être un évènement unique car il y a trop de similitudes entre les deux scènes. Le nom de la pêcheresse a longtemps été assimilé à Marie Madeleine (Marie Magdala) mais en 1969, dans l’église catholique, le pape Paul VI supprime l’identification de Marie Madeleine aussi bien avec la femme pêcheresse, qu’avec Marie de Béthanie sœur de Lazare.
[3] Selon les versions les deux frères sont aussi dits fils de Marie (femme de Clopas) et de Clopas, ce qui porte à confusion. Pour Jérôme de Stridon, il semblerait que le nom d’Alphée soit un autre nom de Clopas et Jacques le Mineur serait aussi dénommé Jacques d’Alphée. Donc il n’y aurait pas deux Marie, l’une femme de Clopas, et l’autre dite Marie Jacobé, femme d’Alphée, mais une seule nommée Marie Jacobé femme d’Alphée Clopas, et mère de Jacques d’Alphée et de Joset et potentiellement de Lévi-Mathieu si son père est bien le même Alphée.
[4] Dans la bible, il est dit que Jésus avait au moins quatre frères Jacques, Joset, Jude et Simon et des sœurs. Ceux-ci auraient pu s’occuper de leur mère, après le décès de son fils premier né, pourtant il la confie à Jean qui est le neveu de sa mère. Pourquoi ? Pour les protestants, il y a bien des frères utérins de Jésus nés de Marie et Joseph après la naissance de Jésus, pour les orthodoxes, ce sont les enfants que Joseph auraient eu d’une première union avant son mariage avec Marie, et pour les catholiques, l’emploi des mots frères et sœurs s’appliquent aux cousins et cousines ou parents proches. On ne saura sans doute jamais la vérité.
***************
(Pages 101 à 141 sur un ouvrage de 222 pages)
******************
Tous droits réservés Viviane B-Brosse alias Sherry-Yanne
L'ÉTRANGE RÊVE DE LUCILE
ISBN 979-8-85478-762-8
Copyright 00067596-7
*******************



Date de dernière mise à jour : 2026-03-28
Ajouter un commentaire