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MARYAM PAGES 29 à 69 (incluses)
MARYAM PAGES 29 à 69 (incluses)
MARYAM PAGES 29 à 69 (incluses)
Le troisième jour de route, Les premiers disciples et Jésus font étape à Cana (3) car une noce a lieu, où sont conviés Jésus et sa mère Marie. Le vin venant à manquer, Marie fait appel à Jésus pour trouver une solution, mais celui-ci n’est pas très conciliant et rabroue sa mère, car son heure n’est pas encore venue. Marie ne se laisse pas impressionner et ordonne aux serviteurs d’obéir aux directives de son fils. Jésus leur dit de prendre les vaisseaux de pierre (récipients servant à la purification des juifs, pouvant recevoir chacun deux ou trois mesures) et de les remplir d’eau jusqu’en haut. Ensuite il les charge de puiser dans ce contenu liquide et de l’apporter au maître d’hôtel. Celui-ci n’étant pas au courant de la rupture de vin, goûte le breuvage, et croit que le marié a réservé son meilleur vin pour la fin et le félicite pour cette sage décision.
(Jean chapitre 1, extrait des versets 44 à 52 et chapitre 2, extrait des versets 1 à 11).
3) Il est difficile de savoir où est véritablement cette ville de Cana car elle pourrait se situer en Galilée, en Judée mais aussi être une petite localité se trouvant à environ 29 kilomètres de Tyr (actuellement Liban du Sud). Ce village est traditionnellement considéré comme le site correct par de nombreux chrétiens. Cet évangile aurait été écrit pour un public païen, car la description dans le passage sur le mariage à Cana de « six jarres d’eau en pierre pour les rites juifs de purification », ne reflète pas une bonne connaissance des habitudes de lavage rituel chez les Juifs à l’époque.
C’est le premier miracle de Jésus mais son cheminement vers sa destinée lui en fera faire plein d’autres, tout au long de ses différente étapes.
Maryam est ébahie par ce prodige. Elle n’a pas emporté grand-chose avec elle, mais elle ne se pose pas de question. Demain sera un autre jour et celui-ci s’illumine déjà dans l’amour divin qu’elle ressent pour cet envoyé de Dieu.
Continuant son chemin, Jésus parcourt la Galilée, prêchant l’avènement du royaume de Dieu, tout en guérissant les malades et les tourmentés par des démons ravageurs. Sa renommée s’étend par-delà les frontières du territoire juif, allant jusqu’en Syrie. En effet, les habitants des nombreux petits royaumes qui se sont développés en Syrie descendent de peuplades sémites venues, depuis les premiers temps, du sud de la péninsule arabique, et sont connus sous le nom d’Amorrites, de Cananéens, de Phéniciens, d’Araméens, de Ghassanides et de Nabatéens.
Au fur et à mesure du périple de Jésus entre la Galilée et la Judée, la foule devient plus dense, grossissant de jour en jour car il est l’oint du Seigneur et en lui, ils mettent toute leur espérance.
(Mathieu chapitre 4, extrait des versets 17 à 25, Marc chapitre 1 extrait des versets 14 à 20).
Cartographie d’Israël au temps de Jésus (illustration Dorothée Jost @mame Tardy 2010).
Maryam est subjuguée par l’aura du galiléen. Elle boit littéralement ses mots, ses paraboles. Aucun autre homme en ce monde ne possède les vertus dont il semble être paré, ni l’amour qui rejaillit de lui et inonde tous ceux qui l’entoure.
Comment ne pas être sensible à ces mots porteurs d’espoir, un espoir qui n’habite plus personne, surtout chez les plus pauvres, les plus fragiles, les plus démunis ?
Perdue dans ses pensées, elle entend les mots résonner dans sa tête, percutant son cœur au passage.
- « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les Cieux. Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir mais pour accomplir. Car je vous dis que si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.»
(Mathieu chapitre 5 extrait des versets 13 à 20).
La voix du rabbi continue de se faire entendre au milieu de la foule attentive et silencieuse.
- « Il a été dit aux anciens de ne pas tuer et que quiconque tuerait, serait passible du jugement, mais moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement donc réconcilie-toi avec ton frère. Vous savez qu'il est dit de ne pas commettre d’adultère, mais quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère dans son cœur. Si un de tes membres est pour toi une occasion de chuter, arrache-le et jette-le loin de toi car il vaut mieux perdre un membre que de perdre tout ton corps dans la géhenne. Il vous a été dit œil pour œil, et dent pour dent, mais moi je vous dis que si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre, et à celui qui veut plaider contre toi et t'ôter ta tunique, laisse-lui encore le manteau. Donne à qui te demande, et ne te détourne pas de qui veut emprunter de toi. Il vous a été dit d’aimer votre prochain et de haïr votre ennemi mais moi, je vous dis d’aimer vos ennemis, de bénir ceux qui vous maudissent, de faire du bien à ceux qui vous haïssent, de prier pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent, en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »
(Mathieu chapitre 5 extrait des versets 21 à 45).
Maryam rabat son voile sur ses cheveux et couvre aussi son visage. Elle devient songeuse mais tout son être ressent une sorte d’apaisement. Enfin, enfin, il est arrivé celui qui était promis depuis la nuit des temps, celui qui serait la voix des sans voix, la voix des opprimés, des malheureux, des humbles, des pauvres. Ce Jésus qui est là devant elle, ce nouveau prophète ne peut être que le Messie, elle en est certaine et elle sait que désormais, sa vie ne lui appartient plus. Elle se prosterne sur le sol et promet à l’Éternel, qu’elle suivra les traces de son envoyé, qu’elle marchera dans ses pas et qu’elle consacrera le reste de son existence, à transmettre son enseignement. Elle sait que cela arrivera un jour, même si elle ne sait pas encore quand et comment.
Lorsque Jésus a fini d’enseigner, il redescend du lieu où il s’était installé pour parler à son auditoire de plus en plus nombreux. Maryam est perdue dans cette foule qui se met à suivre le prophète. A ce moment un lépreux s’approche et se prosterne devant lui, en disant :
- « Seigneur si tu le veux, tu peux me rendre sain ».
Jésus, rempli de compassion, étend sa main et le touche en disant :
- « Sois de nouveau sain, je le veux ».
En même temps qu’il prononce ces mots, la lèpre quitte tout le corps du malade, comme par magie mais ce n’est pas de la magie, c’est ce qu’on appelle un miracle et celui-ci n’est qu’un parmi tous les miracles accomplis par le Saint Homme.
(Mathieu chapitre 8, extrait des versets 2 à 4, Marc chapitre 1 extrait des versets 40 à 45, Luc chapitre 5, extrait des versets 12 à 16).
La nouvelle de cette guérison miraculeuse se répand comme une traînée de poudre jusqu’aux confins des villes et villages avoisinants.
Jésus décide de faire une halte à Capharnaüm (aussi appelée Capernaüm) avant de continuer son périple évangélisateur. Capharnaüm est un village de pêcheurs de la province de Galilée, sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade (au nord de ce qui est de nos jours l’État d’Israël).
Lorsque Jésus arrive en ce lieu, pour se reposer avec ses disciples, un centurion vient à sa rencontre et le supplie :
- « Rabbi, mon serviteur est couché à la maison, tourmenté car il est atteint de paralysie ».
- « Je vais aller chez toi et je le guérirai ».
A ces mots , le centurion, lui répond :
- « Je ne suis pas digne de te recevoir dans ma maison, mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri car tu as autorité sur toute chose. Je suis moi aussi soumis à la hiérarchie et quand je dis à mes soldats ou à mes serviteurs, de faire ceci ou de faire cela, ils le font ».
Jésus est étonné par les mots du centurion et par sa foi en une puissance supérieure, et il se tourne vers ses disciples et la foule.
- « En vérité, je vous le dis, je n’ai pas trouvé même en Israël, une si grande foi » puis il se tourne vers cet homme et le rassure « va et qu’il te soit fait comme tu as cru ».
En rentrant chez lui, le soldat romain trouve effectivement son serviteur guéri.
(Mathieu, chapitre 8 extrait des versets 5 à 13 Luc chapitre 7 extrait des versets 1 à 10).
Le jour suivant, Jésus passe par la ville de Naïn ou Naïm. C’est un village de Galilée, au sud de Nazareth. Il voit que l’on porte dehors un mort, le fils unique d’une pauvre veuve, qui suit la dépouille de son enfant, accompagnée d’une foule de voisins et amis. Jésus en voyant sa tristesse est ému et rempli de compassion pour son sort. Il s’approche de la bière, touche le linceul du défunt et lui dit de se lever, ce que celui-ci fait instantanément. Les témoins de cette scène spectaculaire sont saisis de crainte et ils glorifient Dieu, pour avoir envoyé un prophète capable d’un tel prodige. Le bruit de cet évènement incroyable se répand très vite dans toute la région.
(Luc chapitre 7, extrait des versets 11 à 17).
Maryam observe tous ces évènements, de plus en plus confortée dans son for intérieur, qu’elle suit les traces du Messie promis à la nation d’Israël et au peuple juif, par Yahvé aux différents messagers envoyés sur terre autrefois, et notamment au prophète Isaïe qui en fait mention dans plusieurs chapitres et versets. (Le Livre du Prophète Esaïe).
Comme Jésus semble fatigué, Simon-Pierre lui propose de venir se reposer dans la demeure de sa belle-mère. Malheureusement la pauvre femme est alitée, victime d’une mauvaise fièvre. Jésus s’approche d’elle, et lui touche la main. Instantanément la fièvre la quitte, elle peut se lever et recevoir son invité dignement.
(Mathieu, chapitre 8, extrait des versets 14 à 15, Marc chapitre 1 extrait des versets 29 à 32, Luc chapitre 4 extrait des versets 38 à 39).
Ci-dessous plan de la ville de Capharnaüm avec la maison de la belle-mère de Simon-Pierre et d’André).

Entre-temps, Maryam, rassemblée avec les autres femmes, est partie se reposer dans une vaste pièce commune, une sorte d’auberge pour les pauvres, une étable ou une grange avec de la paille, où s’entassent les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Tout ce petit monde ne quitte plus le prophète depuis des jours et des jours.
Dans cette foule, se trouve également une cohorte de paralytiques, ou de personnes atteintes de troubles psychiques, victimes de personnages démoniaques.
Munis de leur foi dans les dons de ce saint homme et d’un immense espoir, certains n’ont pas hésité à déranger le rabbi pour qu’il les touche et les guérisse. Rempli d’amour pour eux, Jésus, prononce quelques mots et soigne tous ceux qui le lui demandent. De même il chasse les démons qui torturent les esprits de pauvres êtres, terrorisés.
(Mathieu chapitre 8, extrait des versets 16 à 17, Marc chapitre 1, extrait des versets 32 à 34, Luc chapitre 4, extrait des versets 40 à 41).
Comme la foule grossit à vue d’œil autour de lui, Jésus a envie de s’éloigner un peu pour reprendre des forces et souhaite passer sur l’autre rive de la mer, car il ne sait plus où reposer sa tête. Il monte dans une nacelle, un petit bateau à rames, sans voile ni mât, qui ressemble étrangement à une barque. Ses disciples le suivent. Malheureusement, une grande tourmente s’élève , qui ne le réveille pas mais ses disciples apeurés, ont peur de mourir. Jésus réagit enfin, calmant les vents et la mer instantanément, ce qui étonne les témoins de cette scène, de constater que les éléments de la nature obéissent à cet homme.
(Mathieu chapitre 8 extrait des versets 18 à 27, Luc chapitre 5, extrait des versets 1 à 11).
La mer de Galilée, aussi appelée lac de Tibériade, lac de Kinneret ou encore lac de Génézareth est un lac d'eau douce d'une superficie de 160 km2 situé au nord-est d'Israël entre le plateau du Golan et la Galilée. Situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes. Ce lac est appelé « le lac de Tibériade à cause de sa proximité avec la ville de Tibériade. On y trouve aussi « lac de Guinossar », du nom de la vallée qui est proche. Ce nom a été transmis dans les langues européennes sous la forme Génésareth. Selon le Talmud, le nom du lac lui vient du fait que « ses fruits sont doux comme le son de la lyre ». Sur la rive ouest du lac est construite la ville éponyme de Tibériade. Capitale de la Galilée, elle fut fondée par Hérode Antipas en l'honneur de l'empereur romain Tibère.
Maryam n’avait pas hésité à traverser, assise au fond de la barque d’un pêcheur pour ne pas perdre de vue son guide, sa lumière, son espoir. Elle savait qu’un jour, elle témoignerait de la puissance divine qui se manifestait à travers les actes de cet homme béni des cieux.
Sur l’autre rive, dans le pays des Gergéséniens, Maryam, entourée d’autres femmes dévouées au rabbi, suit Jésus qui avance devant. Soudain, elle voit un homme nu, émergeant des sépulcres, venant à la rencontre du maître. Son attitude est violente car il est possédé par plusieurs démons qui se sont emparés de son corps et de son esprit. Ces démoniaques interdisent l’accès par ce chemin, à toute personne. Ils narguent Jésus.
- « Qu’y a-t-il entre nous et toi Jésus, fils de Dieu ? Notre nom est Légion car nous sommes plusieurs. Es-tu venu pour nous tourmenter ? Si tu nous chasses, permets nous de nous en aller dans le troupeau de pourceaux, que tu vois un peu plus loin.
Jésus leur dit « allez » et les démons partent se réfugier dans les corps des porcs mais dès que ceux-ci ressentent qu’ils sont hantés par ces mauvaises entités, ils se ruent dans les eaux pour s’y noyer.
L’homme libéré, que tout le monde connaissait sous le nom de « Légion », est assis, ayant retrouvé son bon sens, et recouvert sa nudité d’un vêtement. Il ne sait pas comment montrer sa gratitude à Jésus et voudrait bien le suivre mais celui-ci ne le lui permet pas et lui demande de rentrer chez lui, pour témoigner de ce que le Seigneur avait fait pour lui.
Malheureusement, lorsque les habitants de la ville apprennent ce qui s’est passé, ils prient le galiléen de quitter son territoire avec tous ceux fidèles à sa parole.
(Mathieu, chapitre 8 extrait des versets 28 à 34, Marc chapitre 5, extrait des versets 1 à 20, Luc chapitre 8 extrait des versets 26 à 38).
Le pays des gergéséniens est une référence à la ville de Gergésa au bord du lac de Tibériade. Cette contrée est habitée par des non-juifs, donc des païens puisqu’il est impensable que dans le territoire juif, y soient élevés des porcs. Gergésa est sur la rive du lac, le troupeau de porcs est dans la montagne aux environs.
Remontant dans la nacelle, il traverse de nouveau la rive et choisit de retourner dans sa ville de Nazareth ou vit toujours sa mère Marie, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs mois, depuis qu’il a entrepris d’obéir au Créateur et de partir sur les routes, pour appeler les hommes à se repentir de leurs péchés.
Nazareth est une petite ville, sans doute un village au nord d’Israël, en Galilée. L’étymologie du lieu pourrait tirer son origine de l’hébreux ou de l’araméen, langage couramment utilisé en Galilée et notamment par Jésus lui-même.
Lorsqu’il arrive dans la cité de son enfance, beaucoup de personnes ayant entendu parler de ses prodiges miraculeux, viennent à lui. Tout d’un coup, on lui apporte un paralytique couché sur un lit. En voyant leur foi, Jésus touche le malade en lui disant :
- « Aie courage mon enfant, tes péchés te sont pardonnés ».
En entendant cela, des scribes se disent que ces propos relèvent du blasphème, mais Jésus pouvant lire leurs pensées, anticipe leur réaction de colère en demandant :
- « Qu’est ce qui est le plus difficile à dire « tes péchés te sont pardonnés », ou « lève-toi et marche » ?
Maryam ne quitte pas la scène des yeux. Elle voit Jésus se tourner vers l’individu paralysé et lui dire :
- « Lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison ».
L’homme se lève, prend son lit et rentre chez lui.
La foule est saisie de crainte en voyant cela mais beaucoup remercient Yahvé pour avoir donné ce pouvoir à Jésus. Malheureusement comme nul n’est prophète en son pays, les scribes et les prêtres juifs ne l’entendent pas de cette oreille et le sort de Jésus est déjà scellé dans leur esprit. Seule la mort peut punir de tels actes contraires à la loi judaïque.
(Mathieu chapitre 9, extrait des versets 1 à 8, Marc chapitre 2, extrait des versets 3 à 12, Luc chapitre 4 extrait des versets 18 à 26, Jean chapitre 5, extrait des versets 5 à 9).
Maryam a mal pour lui. Comment peut-on chasser un tel homme, imprégné de l’esprit saint de l’Éternel ? Elle ne comprend pas le comportement de ces gens et elle souffre déjà pour son mentor.
Elle s’empresse de le suivre pour ne pas perdre sa trace.
Jésus continue son chemin, et comme il passe devant le bureau des recettes (impôts), il voit le receveur qui se nomme Lévi, le fils d’Alphée qui sera connu plus tard sous le nom de Mathieu (Cet Alphée est-il aussi le père de Jacques d’Alphée ? ce qui ferait de Levi-Mathieu, le frère dudit Jacques) et lui demande de le suivre puis il se rend ensuite dans la maison de ses parents pour se restaurer.
Le voyant à table, des publicains et des pêcheurs se joignent à lui, pour partager ce temps de repas avec lui, mais les pharisiens l’ayant vu, sont indignés et apostrophent ses disciples, en leur demandant pourquoi leur maître ose manger avec ces gens-là.
Jésus, en entendant ces propos méprisants, ne peut s’empêcher de leur répondre.
-« Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, contrairement à ceux qui se portent mal. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pêcheurs car je veux la miséricorde et non le sacrifice ».
Des Disciples de Jean le Baptiste, qui observent eux-aussi la scène, ne peuvent s’empêcher de remarquer qu’eux et les pharisiens jeûnent souvent et qu’ils ne comprennent pas que les disciples de Jésus n’en fassent pas de même.
Avec patience Jésus leur explique sous forme de parabole, que les fils de la chambre nuptiale ne peuvent mener le deuil tant que l’époux est encore avec eux et en vie, mais que viendra le jour des larmes et du jeûne.
(Mathieu chapitre 9 extrait des versets 9 à 16, Marc chapitre 2 extrait des versets 14 à 21, Luc chapitre 5, extrait des versets 27 à 39).
En entendant ces mots, Maryam qui s’était approchée de la table de son guide, se met à pâlir. Elle a compris immédiatement ce que cela voulait dire. Le temps du rabbin Jésus sur terre était compté et il le savait, c’est pourquoi, il partait ainsi sur les routes de la Galilée et de la Judée pour annoncer à tous, que viendrait un jour, l’avènement du royaume de Dieu.
Elle est interrompue dans ses réflexions par l’arrivée d’un chef de la synagogue nommé Jaïrus, qui vient en direction de Jésus, en le saluant respectueusement.
- « Rabbi, ma fille de douze ans, est en train de mourir mais viens chez moi et pose ta main sur elle, et elle vivra ».
A ce mots Jésus se lève et suit le père malheureux, jusqu’à son domicile, accompagné de ses disciples, curieux de voir jusqu’où les prodiges de leur mentor pouvaient aller. A ce moment-là, une femme se faufile subrepticement vers Jésus pour toucher le bord de son vêtement, persuadée qu’en touchant à peine sa tunique, elle sera guérie de cette perte de sang qui la faisait souffrir depuis douze ans. Jésus se sentant effleuré, se retourne vers cette dame, en lui disant :
- « Va en paix, ma fille, ta foi t’a guérie ».
Et la femme est guérie immédiatement.
Entre-temps, Jésus est arrivé à la maison du père éploré, et voyant les joueurs de flûte et la foule se lamenter en faisant grand bruit, car la fillette est morte entretemps, il leur dit de sortir de la maison.
- « Retirez-vous car la jeune fille n’est pas morte mais elle dort. ».
Tout le monde se met à se moquer de lui mais il leur ordonne de sortir, puis quand il se retrouve seul avec la défunte, il lui prend la main et lui demande de se lever, ce qu’elle fait instantanément.
- « Talitha coumi » ce qui signifie « Jeune fille, lève-toi ».
Tous les témoins sont abasourdis par ce qu’ils viennent de voir, et la nouvelle se propage très vite dans toute la contrée.
(Mathieu chapitre 9, extrait des versets 18 à 26, Marc chapitre 5 extrait des versets 25 à 43, Luc chapitre 8, extrait des versets 40 à 56).
Maryam observe cette scène avec intérêt et son cœur est oppressé par cette vérité qui commence à lui exploser au visage. En vérité cet homme est bien l’envoyé de Dieu, le Messie tant promis et tous ses actes le prouvent. Une immense chaleur envahit son corps suivie d’une impression de paix intérieure et de sérénité. Elle sait qu’elle va continuer à le suivre, même si elle doit laisser sa propre vie dans cette magnifique aventure.
Jésus reprend la route suivi de ses disciples choisis par lui, pour être ses apôtres, ainsi qu’une cohorte d’hommes et de femmes, ayant fait le choix de suivre le prophète galiléen, afin de s’instruire auprès de lui, sur les desseins de l’Éternel, envers l’humanité. Maryam fait partie de la troupe, invisible au milieu de toutes ces femmes, enveloppées dans de longs voiles protecteurs, recouvrant leurs corps, leurs cheveux et parfois leurs visages.
Tout au long du parcours, il guérit des aveugles, des muets, des paralytiques, des personnes victimes de troubles psychiatriques ou de démons squatteurs de leurs corps.
Sa renommée s’étend aux confins des provinces, alors sous domination de l’empire romain, ce qui n’arrange pas les pontes du clergé judaïque, ni les pharisiens.
Les Romains ont conquis cette partie de la Palestine qui comprend de nombreux territoires, soixante ans avant la naissance de Jésus. La Palestine est délimitée par la mer Méditerranée à l'ouest, et par le désert à l'est du Jourdain et au sud par la péninsule du Sinaï. La zone n'est pas clairement définie. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l'Idumée. Charnière entre la vallée du Nil et la Mésopotamie, la région de la Palestine est habitée depuis des millénaires et a connu la présence et le brassage de nombreux peuples et la domination de nombreux empires notamment, les cananéens, les hébreux, les assyriens, les perses, les grecs, et les romains.

(Cartographie d’Israël au temps de Jésus trouvée sur le sitescolaire.fr)
Presque tous les Juifs doivent subir le joug de Rome, les taxes et impôts exorbitants ainsi que l’adoration d’idoles païennes, offensantes pour la religion juive. Pour les autorités romaines Jésus tout comme Jean-Baptiste sont considérés comme des agitateurs juifs mais inoffensifs pour l’empire. Tous deux se sont fait connaître en dénonçant les riches et les puissants, et en se faisant les porte-paroles des pauvres et des « abandonnés » de la société.
Maryam ne ressent même plus la fatigue, pourtant cela fait des jours et des jours de marche de villages en villages pour porter la bonne parole, du royaume à venir. Jésus enseigne dans les synagogues, prêchant l’évangile et il guérit aussi tous les éclopés de la vie, les miséreux, les malades physiques et psychiques.
Jésus est particulièrement ému par toute cette misère qui ressort de ces rencontres au gré des étapes. Il se rend compte qu’ils sont comme des brebis égarées qui recherchent la houlette d’un berger pour les protéger. C’est pourquoi, ayant appelé ses douze disciples, il leur donne autorité sur les esprits immondes pour les chasser et pour guérir toute maladie et toute langueur.
Maryam observe lesdits disciples qui se regroupent autour du maître. Elle reconnait Simon-Pierre, son frère André, Jacques (dit plus tard le Majeur) et Jean, les fils de Zébédée. Philippe et Barthélemy (aussi nommé Nathanaël), Thomas et Mathieu le publicain (autrefois nommé Lévi, fils d’Alphée), Jacques (dit le Mineur) fils d’Alphée (ou de Clopas), Simon le Cananéen, (dit aussi Zélote), Jude (aussi dénommé Thaddée), et Judas l’Iscariote, ont rejoint les quatre premiers disciples et désormais, ce sont douze disciples qui suivent Jésus par monts et par vaux.
Judas est appelé soit Judas l'Iscariote, soit Judas, fils de Simon l'Iscariote. L'étymologie du mot « Iscariote » peut éclairer le rôle et l'histoire de Judas par rapport à ceux de Jésus lui-même. Judas est un disciple originaire de Judée, à la différence des autres apôtres qui sont galiléens. Le nom d'Iscariote pourrait venir du latin « sicarii » ce qui signifie sicaires. Les sicaires désignaient les activistes juifs opposés aux Romains dans l'Israël antique. Ce terme est utilisé par Flavius Josèphe, pour désigner les zélotes. Il semblerait donc que Judas soit un ancien zélote.
Jésus leur donne l’ordre d’aller à leur tour prêcher la parole de Dieu, de guérir les malades, chasser les démons, et ressusciter les morts. Il leur commande aussi de s’abstenir de faire provision d’or ou d’argent ou de cuivre, de ne pas emporter de sac avec des vêtements de rechange et de frapper aux maisons dignes pour demander de quoi subvenir à leurs besoins matériels.
- « Voici, moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups, soyez donc prudents comme les serpents et simples comme les colombes, et soyez en garde contre les hommes car ils vous livreront aux sanhédrins et vous fouetteront dans leurs synagogues, et vous serez menés devant les gouverneurs et les rois, à cause de moi, en témoignage à eux et aux nations. Et quand ils vous livreront, ne soyez pas en souci, comment vous parlerez, ni de ce que vous direz, car il vous sera donné ce que vous devez dire et ce ne sera pas vous qui parlerez mais l’Esprit Saint envoyé par votre Père des Cieux ».
(Mathieu chapitre 10, extrait des versets 1 à 21, Marc chapitre 6, extrait des versets 7 à 13, Luc chapitre 9, extrait des versets 1 à 6).
Maryam est suspendue aux lèvres de Jésus, et elle déplore de ne pas être un homme, libre de ses mouvements, car en tant que femme, elle n’a pas vraiment de droits dans la culture juive patriarcale. Si elle était née dans l’autre genre, elle ferait sans doute partie des disciples et partirait remplir la mission évangélisatrice, sur tout le territoire, voire au-delà des frontières de la Palestine. Personne avant lui n’avait propagé autant d’espoir d’une vie meilleure. Elle est littéralement charmée, voire envoûtée par le charisme de cet homme si empathique envers les malheureux, les pauvres, les malades, les rejetés de la société. Son attitude vis-à-vis des femmes est dans la même lignée, car lors de ses discours dans les assemblées, hommes et femmes sont assis côte à côte et Jésus ne fait aucune discrimination entre les deux, ce qui n’est pas commun.
Après avoir fait ses recommandations à ses disciples, Jésus part pour enseigner et prêcher dans leurs villes.
Entre temps Jean le Baptiste a été enfermé dans une prison du roi Hérode, pour avoir osé lui dire que le fait d’avoir épousé Hérodias, la femme de son frère Philippe, était condamnable, et qu’il devait la répudier. Hérode, séduit par la beauté de sa belle-sœur ne pouvait se résigner à le faire et pour obliger le prophète en poil de bête à se taire, il l’a fait enfermer dans une de ses geôles.
Mais qui est donc Hérode Antipas ?
À la mort de son père Hérode le Grand, son royaume étant partagé entre ses trois fils, Hérode Antipas avait reçu le titre de tétrarque de Galilée et de Pérée, sans les villes de la Décapole. Il est par ailleurs son digne fils dans la manière de régner sur ses sujets. Lorsque l'empereur Auguste révoque son frère Archélaos, Hérode Antipas, et son demi-frère Philippe qui espéraient récupérer les territoires du troisième frère exilé à Vienne, sont bien déçus, car Auguste transforme les territoires d'Archélaos en une province romaine de Judée. Par contre il promeut Hérode Antipas en tant qu’intendant du Temple de Jérusalem, ce qui lui donne un droit de regard sur tout, notamment sur les jugements prononcés par le sanhédrin. Cette position lui permet d’être consulté par le préfet romain au sujet de toutes les affaires qui concernent le culte, la religion et les traditions juives. Hérode se disant qu’un homme averti en vaut deux, ne manquera aucune occasion de manifester sa soumission à l’état de Rome.
Croupissant au fond de son cachot, Jean a entendu parler des œuvres de Jésus, et il décide d’envoyer ses propres fidèles auprès de ce dernier afin de s’enquérir de sa mission divine.
Maryam se rapproche pour écouter ce que ces nouveaux-venus ont à dire au rabbin.
- « Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? ».
En entendant ces mots, Jésus leur répond :
- « Allez et rapportez à Jean les choses que vous entendez et que vous voyez. Les aveugles recouvrent la vue et les boiteux marchent. Les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent. Les morts sont ressuscités et l’évangile est annoncé aux pauvres. Bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé par moi ».
Puis il se tourne vers la foule et leur dit :
- « En vérité, je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femme, il n’y en a pas de plus grand que Jean le Baptiseur, mais le moindre dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Car tous les messagers ont prophétisé jusqu’à Jean et si vous voulez écouter, celui-ci est Élie qui doit venir. Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant et les hommes ont dit qu’il avait un démon. Le fils de l’Homme est venu, mangeant et buvant, et les gens disent qu’il est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pêcheurs ».
(Mathieu chapitre 11, extrait des versets 1 à 19, Luc chapitre 7, extrait des versets 18 à 35).
Quittant la ville où ils séjournaient, Jésus et ses disciples s’en vont à travers les champs de blés. Maryam les suit partout, de peur de les perdre de vue. Les Douze ayant le ventre vide, ils se laissent tenter par quelques épis qu’ils croquent pour calmer leur faim. Malheureusement, ce jour est un jour de shabbat, un jour où il n’est pas permis, de faire quoi que ce soit
En effet le shabbat (traduit par sabbat en français) est le jour de repos assigné au septième jour de la semaine biblique, le samedi, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir, une tradition respectée dans la religion israélite depuis des siècles.
En cueillant des épis ce jour-là, les disciples de Jésus ont enfreint la loi juive et les pharisiens qui passent près d’eux les voyant agir ainsi sont indignés et s’en offusque auprès de Jésus. Celui-ci les rabroue avec patience en leur expliquant qu’en tant qu’envoyé de Dieu, lui le fils de l’Homme est aussi seigneur du shabbat. Sa réponse les ayant choqué, ils repartent dans leur synagogue, où Jésus les suit, pour prêcher devant leur assemblée. Sur le parvis, un homme ayant la main sèche, attend sans doute un geste de générosité des fidèles, pour subsister. Les pharisiens, se tournent alors vers Jésus et le questionne afin de le prendre en faute, et l’accuser de ne pas respecter la loi de Moïse et des prophètes.
- « Est-il permis de guérir le jour du shabbat ? ».
Sachant que sa réponse sera sans doute disséquée par l’intransigeance des religieux, Jésus n’hésite pas à leur donner son interprétation sur le fait de détourner certains interdits quand le but final est vital pour le bien-être d’autrui.
- « Quel sera l’homme d’entre vous qui aura une brebis, et qui ne la relèvera pas, si celle-ci vient à tomber dans une fosse, un jour de shabbat ? Par conséquent, un homme ne vaut-il pas mieux qu’une brebis ? Il est donc permis de faire du bien aux autres, le jour de shabbat ».
Puis se tournant vers l’homme, il lui dit d’étendre sa main, et il la rend saine comme l’autre.
De même une femme se présente totalement courbée car infirme depuis dix-huit ans. Elle s’approche de Jésus qui lui impose les mains et la guérit instantanément. La femme redressée, s’en va en glorifiant le Seigneur pour ses bienfaits. Il en profite pour guérir aussi un homme hydropique. Autrefois, l’hydropisie en tant que maladie désignait la cause principale d’œdèmes généralisés, à savoir l’insuffisance cardiaque congestive.
(Mathieu chapitre 9, extrait des versets 9 à 13, Marc chapitre 3, extrait des versets 1 à 6, Luc chapitre 6, extrait des versets 6 à 11, chapitre 13, extrait des versets 10 à 17, chapitre 14 extrait des versets 1 à 6, Jean chapitre 5, extrait des versets 10 à 18, chapitre 9, extrait des versets 1 à 12).
Voyant cela, le chef de la synagogue et les pharisiens quittent les lieux et se réunissent dans une sorte de conseil, pour trouver un moyen afin de faire périr ce prédicateur, qui remet en cause les principes de la loi juive, une institution établie depuis des siècles dans la communauté des hébreux. Jésus, sentant le danger car il connait son avenir funeste, se dit sans doute qu’il n’a pas encore terminé sa mission et il fait le choix de se retirer de ce lieu. En s’éloignant, il en profite pour guérir également un démoniaque sourd et muet qui se trouve sur son passage. L’homme se met à crier de joie car il voit enfin ce qui se passe autour de lui et il parle pour exprimer son bonheur. Il ressent une sensation incomparable en entendant les sons qui sortent de sa bouche et en voyant les couleurs chatoyantes des tissus, des vêtements, des fruits et des légumes sur les étals des marchands.
La foule agglutinée dehors, est éberluée.
- « Serait-il le fils de David ? ».
La phrase se transmet de l’un à l’autre et arrive jusqu’aux pharisiens, furieux de constater la sympathie que Jésus inspire autour de lui. Ils se mettent à apostropher la foule.
- « Celui-ci ne chasse les démons, que par Belzébuth, chef des démons ».
Jésus les entendant, leur rétorque :
- « Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même, comment donc son royaume subsisterait-il ? Si c’est par Belzébuth que moi je chasse les démons, par qui vos fils les chasseront-ils ? C’est pourquoi, ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si moi, je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous. Celui qui n’est pas avec moi, est contre moi et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse. C’est pourquoi je vous le dis, tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes mais celui qui parlera contre l’Esprit Saint, il ne lui sera pas pardonné, ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir ».
Parmi les pharisiens, certains d’entre eux, ainsi que des scribes, sont interpellés et lui demandent de leur montrer un signe de la part de Dieu. Jésus leur explique alors toutes les fois où des messagers choisis sont venus pour avertir et n’ont pas été écoutés.
Maryam a suivi tous les faits et gestes de Jésus et notamment son altercation avec les pharisiens à la sortie de la synagogue. A ce moment elle entend une sorte de brouhaha et voit arriver une femme accompagnée de quatre jeunes hommes. Il s’agit de Marie, mère de Jésus et de ses frères, Jacques (plus tard dénommé le Juste), Joset (ou Joseph), Jude, Simon (ou Siméon).
(Mathieu chapitre 13, extrait des versets 55 à 56).
Quelqu’un s’approche alors de Jésus pour lui dire que sa mère et ses frères sont là et cherchent à lui parler. Le temps lui étant compté et le sachant parfaitement, Jésus leur répond :
- « Qui est ma mère, qui sont mes frères ? » et se tournant vers ses disciples, il dit « voici ma mère et mes frères, car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère ».
(Mathieu chapitre 12, extrait des versets 1 à 50, Marc chapitre 3, extrait des versets 1 à 35, Luc chapitre 6, extrait des versets 1 à 11 et chapitre 8, extrait des versets 19 à 21).
Même si elle comprend la symbolique des mots qui viennent d’être prononcés, Maryam ressent une certaine tristesse pour Marie, la mère de Jésus. Elle a mal pour cette pauvre femme car elle ne peut qu’imaginer à quel point ces mots sont durs à entendre pour une mère aimante.
Jésus parcourt de plus en plus de villages et de villes s’exprimant en paraboles pour enseigner le message divin reçu de son père, afin de le transmettre aux hommes et femmes de bonne volonté.
Maryam écoute religieusement les différentes paraboles du semeur, de la bonne semence et de l’ivraie, du grain de moutarde, au levain, du royaume des cieux semblable à un trésor caché dans un champ, ou à un marchand cherchant des perles, ou à une nasse jetée pour attraper des poissons etc. Les gens sont étonnés par les discours remplis de sagesse de Jésus et notamment à Nazareth, son village natal car tous le connaissent comme le fils de Marie et Joseph qui était charpentier dans leur village, et qu’ils connaissent aussi ses frères Jacques, Joset, Jude, Simon et ses sœurs. Beaucoup refusent de le prendre au sérieux et Jésus, le constatant, leur en fait la remarque.
- « Un prophète n’est pas sans honneur, si ce n’est dans son pays ou sa maison ».
Suite à leur incrédulité, il s’est mis à éviter d’opérer des miracles sur les malades et autres personnes en mal être.
(Mathieu chapitre 13, extrait des versets 1 à 58, Marc chapitre 6, extrait des versets 1 à 6 Jean chapitre 4, extrait des versets 43 à 45).
Maryam ne s’était pas rendue compte qu’elle suivait fidèlement Jésus depuis de longs mois, traversant bourgades après bourgades, souvent fatiguée mais refusant néanmoins de cesser son périple auprès du saint homme. C’est la réflexion qu’elle se fait ce jour, en fermant son modeste baluchon, prête à repartir.
Jésus se prépare à prendre la route pour sa prochaine destination, lorsque des voyageurs faisant halte au même endroit, lui rapportent des nouvelles de la ville où réside Hérode.
Jean le Baptiseur aurait eu la tête tranchée lors de festivités données en l’honneur de la date anniversaire de la naissance du tétrarque. Jésus savait qu’il avait été emprisonné pour avoir critiqué la vie matrimoniale scandaleuse d’Hérode, dont l’épouse Hérodiade était la femme de son frère Philippe, mais il n’avait pas eu de nouvelles récentes. Les voyageurs lui apprennent que lors de ce dîner festif, Hérodiade avait manipulé sa fille Salomé, issue d’une précédente union, en lui demandant de danser pour Hérode et d’exiger ensuite la tête du baptiseur servie sur un plat, en récompense de la danse effectuée. C’est ce que fit la jeune fille, qui remit ensuite l’horrible trophée macabre à sa mère. Les disciples du prophète, ont pris la peine de récupérer son corps et de l’ensevelir selon le rituel habituel, avant de partir par les routes, pour informer les populations du tragique décès de celui qui avait annoncé la venue du messie.
Jésus apprenant cela, part se recueillir dans un lieu désert afin de pouvoir exprimer son deuil dans l’intimité.
La foule de fidèles, l’ayant appris se mit à le suivre à pieds, venant de différentes villes. Jésus ému de compassion envers eux, se met à prier et à guérir les malades et les infirmes se trouvant parmi eux.
Le soir venu et Maryam en est témoin, car elle est présente au milieu de la foule, assise pas très loin de son vénéré maître, elle constate que les disciples veulent renvoyer les gens chez eux car il n’y a pas assez à manger pour tout le monde. Il ne reste que cinq pains et deux poissons.
Mais Jésus refuse que les gens venus pour le réconforter s’en retournent chez eux, et il dit à ses disciples de lui amener les quelques vivres qui restent. Puis il regarde le ciel, et se met à bénir lesdits aliments avant de les donner à ses disciples qui les distribuent à la foule immense, une foule d’environ cinq mille personnes, hommes, femmes et enfants réunis. Tout le monde a pu manger à sa faim et s’est senti rassasié. Lorsque les disciples se sont mis à ramasser les morceaux restants, ils ont pu remplir encore douze paniers pleins.
Ensuite Jésus renvoie la foule et part sur l’autre rive, accompagné de ses disciples puis il monte sur une montagne pour prier seul l’Eternel son père céleste. Les disciples sont entre-temps repartis dans leurs barques pour pêcher. Au bout de la quatrième nuit, comme les vagues étaient agitées suite à des vents contraires, ils voient arriver Jésus qui marche sur l’eau pour venir jusqu’à eux. Cette vision insolite les effraya de prime abord, mais Jésus leur dit de ne point avoir peur. Lorsque Jésus monte dans la nacelle, le vent tombe instantanément. Les témoins de cette scène sont ébahis et chacun d’entre eux se met à penser qu’il est vraiment le fils de Dieu.
Arrivée sur l’autre rive, toute la troupe se dirige vers Génésareth, où le prophète aux miracles est reconnu par la population qui lui amène tous ceux d’entre eux qui se portent mal, et qui repartent guéris par la grâce de Dieu.
Génésareth est le nom d’une importante ville des âges de bronze et du fer située sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade. Pour sa beauté et sa fertilité elle est appelée «le Paradis de la Galilée».
La renommée du galiléen s’étend au-delà de sa contrée et arrive aux oreilles du tétrarque Hérode. Celui-ci ayant fait décapiter Jean Le Baptiste pour satisfaire aux volontés de son épouse Hérodiade; se sent coupable de sa mort, et pense que ce nouveau prédicateur ne peut être que Jean ressuscité d’entre les morts. Il craint au fond de lui que son acte ignoble ne déclenche des représailles de vengeance contre lui, sa famille et sa position sociale. Sa personnalité mauvaise ne peut pas comprendre l’altruisme et la générosité d’un homme comme Jésus, qui fait passer les autres, avant lui-même.
(Mathieu chapitre 14, extrait des versets 1 à 36, Marc chapitre 4, extrait des versets 35 à 41, Marc chapitre 6 extrait des versets 14 à 56, Luc chapitre 9, extrait des versets 7 à 17, Jean chapitre 6, extrait des versets 1 à 21).
La réputation de prophète de Dieu, traverse le contrées et arrive jusqu’aux oreilles des scribes et des pharisiens de Jérusalem, la ville sainte des israélites qui viennent porter leurs offrandes à Yahvé, pour les fêtes hébraïques traditionnelles.
Pour les juifs, le nom de Jérusalem dérive de l'ancien nom de la ville Salem (plus exactement Chalem, de l'hébreu Chalom qui signifie paix). Il est mentionné pour la première fois dans le « Houmach », au temps d'Abraham, quand ce dernier rencontra Malki-Tsedek (qui était Chem, le fils de Noé). Abraham venait de remporter une grande victoire sur ses ennemis. Plus tard, Abraham fit précéder le nom du mot Yireh (il verra et sera vu), pour commémorer la Divine Révélation sur cette montagne, et en raison des futurs pèlerinages au Saint Temple qui y fut érigé. Ainsi, la ville fut connue sous le nom de Yérouchalaïm. Pour d’autres, Jérusalem est citée pour la première fois dans les textes égyptiens à la période où l'Égypte a vassalisé Canaan, sous le nom de Rushalimu, Le nom de Jérusalem peut donc se réfèrer au culte de Shalem, dieu des Cananéens. Shalem était un dieu populaire dans le panthéon ouest sémitique, divinité de la création, de l'exhaustivité, et du soleil couchant. Le nom de Jérusalem signifierait « fondée par Shalem » ou « sous la protection de Shalem ». Dans le récit biblique, Canaan désigne la Terre promise aux Hébreux, par Dieu à Abraham. Elle désigne la région comprise entre la mer Méditerranée et le Jourdain, avant sa conquête par Josué et les tribus d'Israël sorties d'Égypte. Le terme proviendrait selon ce texte du nom du nom du personnage de Cana'an, quatrième fils de Cham, lui-même troisième fils de Noé (Genèse, chapitre 9 extrait du verset 18 et chapitre 10 extrait du verset 6). Bien plus tard Abraham se rend à Canaan à la demande de Dieu, qui promet cette terre au Patriarche et à ses descendants pour toujours (Genèse chapitre 12 extrait des versets 1 à 7), promesse répétée à Isaac et Jacob. Plus tard c'est à Moïse que Dieu enjoint de se rendre à Canaan pour en reprendre possession. Les Cananéens sont des idolâtres habitant la Terre promise, que les Hébreux doivent anéantir afin de suivre la volonté divine, et rétablir ainsi le culte du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Moïse.
Au début de l’ère moderne, en l’occurrence dans les années trente du premier siècle, au moment où Jésus évangélise entre la Judée et la Galilée, la ville compte environ quatre-vingt-mille habitants, ce qui en fait une cité importante. Tout juif est tenu de se rendre à pied au Temple de Jérusalem lors des trois fêtes de pèlerinage instituées par les lois de la religion israélite. En l’occurrence, ce sont Pessa'h (la Pâque), Chavouot (la Pentecôte), et Souccot (Tabernacles). Le pèlerinage de la Pâque connaît un important développement durant la période du Second Temple. La population de la ville sainte double à cette occasion et Jérusalem est alors une poudrière en raison de cette foule mais aussi de la présence de croyants fanatisés qui peuvent susciter des émeutes contre le pouvoir, ce qui inquiète les autorités romaines et juives.
La carte de Jérusalem ci-après, datant de 1584 a été réalisée par un prêtre européen qui n’a jamais visité la ville. Elle représente des scènes de la vie du Christ en couleurs vives. Christiaan Van Adrichom, prêtre catholique travaillant à Cologne, dans l’actuelle Allemagne, ne s’était sans doute jamais rendu à Jérusalem avant de créer cette carte en 1584 (photographie Bibliothèque nationale d’Israël).

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(Pages 29 à 69 sur un ouvrage de 222 pages)
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Tous droits réservés Viviane B-Brosse alias Sherry-Yanne
L'ÉTRANGE RÊVE DE LUCILE
ISBN 979-8-85478-762-8
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Date de dernière mise à jour : 2026-03-27
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