CANCER ET VIE PROFESSIONNELLE APRÈS

sherryyannepoetesse Par Le 2026-04-27 à 06:23 0

Dans REFLEXIONS SUR LA VIE

CANCER ET VIE PROFESSIONNELLE APRÈS

Ce jour, je tombe sur plusieurs publications concernant le cancer, relatant comment cet hôte indésirable a chamboulé le cours de leur vie, notamment les conséquences sur leur vie professionnelle.

Cela m'a fait repartir douze ans en arrière.

Et oui, déjà douze ans !

Depuis deux ans, déclarée guérie !

Mais suite à l'article lu ce matin, je rebondis surtout sur les conséquences dans la vie professionnelle.

En avril 2014, suite à la découverte d'une tumeur cancéreuse et de l'opération lourde subie en mai, pour l'ablation de ladite squatteuse, j'ai été absente six mois.

Six mois en arrêt de travail total, puis ensuite reprise six mois à mi-temps thérapeutique soit vingt heures par semaine !

En fait, j'ai repris le travail en devant faire en vingt heures, le boulot de quarante heures, soit le travail en cours, et de plus expurger tout le retard accumulé pendant mes six mois d'absence.

Mission impossible !

Malgré la reprise sur un temps plein, l'année suivante, en avril 2015, les semaines de quarante heures se sont transformées en semaines de quarante-cinq heures puis cinquante heures (payées trente-neuf heures évidemment), car il était impossible de gérer le travail en cours et le retard accumulé sur plusieurs mois.

Et puis un jour, convocation pour me dire qu'on me rajoutait encore une surcharge de travail, sans augmentation de salaire.

Cela aurait été trop beau !

Entre la fatigue physique liée à mon cancer en phase de cicatrisation, avant de parler de rémission, et la surcharge de travail, qui est vite devenue une fatigue mentale, je n'ai même pas vu arriver la suite.

Deux ans pratiquement jour pour jour après le diagnostic de mon cancer, ce fut le burn-out total, et pour reprendre les mots exacts de mon arrêt de travail, "syndrome d'épuisement professionnel et familial", et en prime, des pathologies irréversibles et invalidantes, lesquelles sont devenues mes compagnes quotidiennes.

La médecine du travail m'avait expliqué à l'époque que le secteur de cette profession était celle où il y avait le plus de burn-out, suite à la pression constante et aux heures à rallonge, non rémunérées, constantes de la profession, ainsi que la non reconnaissance, ce qui n'a pas beaucoup changé, malheureusement, quand je lis certains témoignages actuels.

Avec le recul, je me dis qu'il en ressort un manque d'empathie des employeurs, en général et notamment dans certaines corporations, et que finalement, cancer ou pas, c'est "marche ou crève".

Me concernant les professionnels de santé ont estimé qu'avant de "crever au boulot", il valait mieux arrêter.

Et pourtant au début, je ne voulais pas en entendre parler, car j'avais estimé approximativement le montant pour ma retraite et j'avais prévu de travailler jusqu'à 62 ans inclus, au lieu des 61 ans correspondant à mon année et mois de naissance pour ma caisse de retraite, et ces quelques années supplémentaires non effectuées ont amputé ma pension.

Tant pis !

Trop tard désormais pour revenir en arrière !

Là où je voulais en venir, c'est que survivre à un cancer n'est pas simple, car chimiothérapie ou non, il reste des séquelles pour la santé.

Il serait bien que les employeurs ou les DRH, fassent des stages sur l'empathie et la compréhension envers les "survivants", les résilients ou les "warriors" comme j'ai lu plusieurs fois.

Me concernant, si mes employeurs avaient fait preuve de plus d'humanité en allégeant ma charge de travail, au lieu de la surcharger, j'aurais pu reprendre en douceur, et tenir jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de 62 ans, et bénéficier ainsi d'une meilleure pension de retraite.

Et le plus important, aller tous les jours au boulot dans la joie et la bonne humeur, au lieu d'avoir une boule au ventre.

Ce temps est désormais révolu.

Comme beaucoup, je profite de l'instant présent et du surplus de temps qui m'a été accordé.

Philosophiquement cette épreuve ouvre l'esprit sur d'autres champs de vision, où les querelles, les conflits, la jalousie, l'hypocrisie, sont bannis.

Perdre son temps dans ces mesquineries est toxique.

La vie est trop courte et je me tourne plutôt vers la bienveillance envers autrui et la recherche de spiritualité, faisant fi des critiques et des jugements.

Je déteste tout ce qui est superficiel, tout ce qui est artificiel.

J'aime l'authenticité et la sincérité, et ma famille (époux, enfants, beaux-enfants, petits-enfants et bien sûr ma fratrie) reste mon cœur d'attache et le plus important pour moi dans ma vie.

Carpe Diem !

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Viviane Barnet-Brosse alias Sherry-Yanne

Article écrit le 22 avril 2026

Publié sur mon site personnel "Les écrits de Sherry-Yanne" le 26 avril 2026

Manuscrit en cours sous copyright

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Image illustration internet sans mention de droits

 

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