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LES RACINES D’UN DÉRACINÉ Jean François Xavier PUGNET
LES RACINES D’UN DÉRACINÉ Jean François Xavier PUGNET
LES RACINES D’UN DÉRACINÉ
Jean François Xavier PUGNET
Dernièrement, et la canicule aidant, je me suis rappelée ces histoires de cousinage proposées par Geneastar via le site Geneanet ou j’ai un compte. Comme je l’avais fait environ 11 ou 12 ans plus tôt, je me amusée à chercher des correspondances avec mon arbre et je suis tombée sur le nom de Jean Francois Xavier Pugnet (entre autres, car il y en a beaucoup à faire).
J’ai bien évidemment, recherché les correspondances avec les individus de mon arbre, car Saint Romain en Jarez, est un village rural, où les vieilles familles, dont je fais partie, sont en finalité toutes cousines, car on retrouve toujours un ancêtre commun, soit sur les générations récentes (4 générations environ), soit sur les générations plus lointaines (de la 5ème à la 11ème environ).
Dans un premier temps je suis partie à la recherche dudit personnage, et Wikipédia est bien pratique pour trouver ce que l’on recherche (même si pour certaines recherches, je les trouve un peu trop orientées politiquement parlant, mais ce n’est que mon ressenti, bien évidemment), et pour le coup, j’ai ainsi pu découvrir qui était Jean François Xavier Pugnet, ce qui m’a permis d’écrire mon article.
Pour en revenir à ce personnage, il est mentionné qu’il est né le 16 janvier 1765 à Lyon et mort le 24 novembre 1846 à Bienne en Suisse et qu’il est ou plutôt était un médecin militaire et épidémiologiste français.
Son père, Jean Baptiste Pugnet était marchand de toiles à Lyon, ce qui lui procurait sans doute un statut de « bourgeois » comme pour la plupart des marchands. Il le fit entrer comme petit clerc (ou saute-ruisseau), à l’âge de quatorze ans, dans une étude de notaire, mais Jean François Xavier se lassa bien vite de ce genre de travail. Contre l’avis de sa famille, il quitta le notariat pour l’enseignement.
Dès l’an Il, (1794), il fut l’un des auditeurs assidus de Marie-Antoine Petit, qui le prit chez lui, en l’an IV (1796), en qualité d’élève particulier, lui fournissant les moyens d’améliorer sa situation matérielle en l’emmenant comme aide chez ses clients et en lui abandonnant même certaines de ses visites.
Tout en se formant ainsi à la pratique de l’art, le jeune étudiant appliqua sa connaissance du latin à une traduction française augmentée de notes des Institutions physiologiques de Blumenbach (Lyon, Ruymann et Cie, 1797, 1 vol. in-8°).
Avec les économies qu'il avait pu faire auprès de Petit et les 1 200 francs que lui avait rapportés son ouvrage, Jean Françoix Xavier, alla, en l’an VI (1798), se perfectionner à l’École de Médecine de Montpellier. Incertain encore de son avenir à l’époque des préparatifs de l’expédition d’Égypte, il partit comme médecin ordinaire requis, et sa situation fut bientôt régularisée à Alexandrie où, le 15 germinal an VI, (4 avril 1798 pour notre calendrier grégorien), il fut nommé médecin ordinaire requis à l’armée de la Méditerranée. Affecté à l’hôpital de Rosette, puis à celui du Caire, il y soigna des ophtalmies, des dysenteries, jusqu’à ce qu’éclate la peste bubonique dans l’armée au cours du siège de Saint-Jean d’Acre.
Placé directement sous les ordres de Desgenettes, il s’installa autour de trois cents moribonds dans le couvent du Mont-Carmel, et se signala à la fois par son courage et par sa science en étudiant et soignant avec sollicitude les malades pendant quarante jours alors que ses collègues, Auriol et Saint-Ours, Vallat, Bruant et Dewèvre avaient succombé.
Bonaparte lui-même fut frappé de la conduite de cet obscur officier de santé et l’invita, avec Desgenettes, à diner sous sa tente après qu’il lui eût envoyé une lettre le critiquant et lui fit allouer, peu après 23 prairial an VIII, (12 juin 1800) une gratification de 400 francs pour services exceptionnels.
Désirant comparer la peste qu’il avait observée en Égypte à la fièvre jaune qui sévissait alors en Amérique, le jeune apprenti docteur demanda à être médecin en chef aux Antilles.
Il en ramena l’Histoire de la contagion pestilentielle qui s’est développée pendant le cours du premier semestre de l’an VIII (1800) , puis les Notes sur la peste observée au Caire en l’an IX (1801), ajoutées à la monographie de l’an VII (1799) pour former le volume intitulé: « Mémoires sur les fièvres pestilentielles et insidieuses du Levant avec un aperçu physique et médical du pays » publié à Lyon et Paris en 1802 et dédié au premier Consul (1 vol. in-8° de 266 p.).
En 1804, Jean François Xavier ajouta aux exemplaires non placés de son livre de 1802 un supplément de 142 pages, et l’ouvrage ainsi complété reparaissait sous le titre de « Mémoires sur les fièvres de mauvais caractère du Levant et des Antilles, avec un aperçu physique et médical du Pays et un essai sur la topographie de Sainte-Lucie » (Lyon et Paris, an XII, 1805, 1 vol. 8°).

Fait prisonnier par les Anglais, il avait été emmené en Angleterre puis renvoyé six mois plus tard à Morlaix après avoir donné sa parole d’honneur de ne plus combattre les Anglais.
À peine rentré, il acheva son volume. Il reçut la Légion d’honneur nouvellement créée et fut fait membre des sociétés de Médecine de Montpellier et de Lyon, associé de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de cette même ville et correspondant de la Société de Médecine de Paris.
Ayant passé sa thèse de doctorat en médecine le 16 ventôse an XII, (7 mars 1804), il avait été nommé quelques jours plus tôt médecin dans l’un des hôpitaux sédentaires de l’armée des côtes de l’Océan et envoyé au quartier général à Saint-Omer et de là à l’hôpital de Calais.
Le 25 messidor suivant, (14 juillet 1804), il fut nommé à Dunkerque, poste qu’il devait conserver 17 ans jusqu’à sa retraite. Là, comme en Orient et aux Antilles, son dévouement aux pauvres et aux humbles le rendit bientôt très populaire. Chaque jour, il passait cinq heures à l’hôpital où il s’occupait des moindres détails.
Le 1er octobre 1806, il épousa une Suissesse de 24 ans, Elisabeth Marguerite Moser, dont il eut deux enfants.
Mis à la retraite le 1er août 1821 avec une pension de 1 800 francs.
On ne saurait rien ajouter à un hommage aussi éclatant.
Le Docteur Pugnet se retira dans la patrie de sa femme, dont la santé chancelante l’inquiétait déjà beaucoup. Elle mourut quelque temps après, lui laissant une fille dont l’éducation fut dès lors son principal souci. Il partageait le reste de son temps entre la philosophie qu’il avait jadis enseignée et la pathologie qui l’intéressait toujours.
Parmi ses derniers écrits, on compte un ouvrage en deux volumes publié en 1837 sous le titre « Nouveaux éléments de médecine », et une dissertation intitulée « Ce que nous observons être un changement dans l’application de nos facultés à nos besoins n’est-ce pas une progression soutenue de l’espèce humaine vers un perfectionnement défini ? » à laquelle il donne une réponse monogéniste.
Jean François Xavier conserva jusqu’à la vieillesse toute son intelligence, mais il paya de la cécité ses travaux d’Égypte. Quoique affaibli par l’âge, il était encore consulté par une foule de malades, qu’il ne refusa jamais d’accueillir et l’on cite Casimir Perier parmi ses clients de la dernière heure qui le consultaient.

Au début de la biographie de notre docteur épidémiologiste, je cite son père Jean Baptiste Pugnet, marchand de toiles à Lyon, mais ledit père Jean-Baptiste n’est pas né à Lyon, ni même sa mère Antoinette Bourdon. Tous deux sont natifs de Saint Romain en Jarez dans la Loire.
Jean Baptiste est né le 16 avril 1718 à Saint Romain en Jarez et a été baptisé le lendemain 17 avril 1718, dans l’église de la paroisse, fils de Jeanne Font et d’Etienne Pugnet, laboureur, tous deux de Saint Romain en Jarez, pour y être nés, Jeanne le 13 février 1681 et Etienne, sans doute vers 1667. Les parents de Jean Baptiste se sont mariés le 6 juin 1705, et ont vécu tranquillement dans ce village jusqu’à leur décès, Etienne le 24 juillet 1725, déclaré âgé de 58 ans sur l’acte de sépulture, et Jeanne le 22 mars 1762.
Avant de continuer, je précise que les laboureurs étaient propriétaires de leurs terres et de leurs cheptels, contrairement aux métayers, journaliers ou autres. Ils représentaient la branche sociale de la paysannerie la plus élevée, et certains choisissaient un de leurs fils pour faire des études, et devenir soit prêtre, soit notaire royal par exemple, et il arrivait que leurs filles richement dotées épouse un hobereau local, désargenté, apportant une particule, mais c’était quand même assez rare, chaque corporation, pratiquant le système endogame, pour arranger des alliances profitables aux deux familles des époux.
Vous vous demandez sans doute pourquoi je m’attarde sur ce fameux Jean Baptiste père dudit Jean François Xavier ?
En fait sa mère Jeanne Font est la sœur germaine de Jeanne Font épouse d’Antoine Deflassieux (ma sosa 537), (ancêtre à la 10ème génération) et la sœur consanguine d’Antoine Font époux d’Aymée Morel (mon sosa 640/928) et de Claudine Font épouse de Jean Michon (ma sosa 757) (ancêtres aussi à la 10ème génération.
Cette Jeanne Font (sosa 537) n’est pas une inconnue pour ceux qui ont lu le livre de l’Abbé Pagon, « Senevas, son château et ses maîtres, ancienne baronnie du Pays de Jarez ».

Au chapitre XIII, il explique qu’à la mort de Melchior Arod, Seigneur de Senevas, sans descendance directe, c’est Armand, fils de sa sœur Claude Arod, né de son union avec Henri, marquis de Pracomtal, qui hérita de la seigneurie. Armand était lieutenant général des armées et gouverneur de Menin, époux de Catherine Françoise de Mornay de Montchevreuil.
Armand fut tué le 15 novembre 1703 à la bataille de Spire, alors qu’il était gouverneur de Mézières.
En 1707 sa veuve obtint des jésuites, au prix de 2000 livres (ce qui représente 37159,19 euros en monnaie actuelle) tous les droits de haute et basse justice qu’ils avaient sur le mandement de Saint Romain en Jarez. Au décès de son mari, la marquise de Pracomtal se retira à Senevas pour habiter le château enfin terminé.
Ce qui m’amène enfin au 21 juillet 1728, et au paragraphe relaté par l’abbé Pagon, à la page 207, concernant Jeanne Font ma sosa 537.
« Le 21 juillet 1728, une pauvre femme du nom de Jeanne Font, veuve d’Antoine Deflacieu, laboureur de la Laurensonnière, sur la paroisse de Saint Genis Terrenoire, était en butte aux poursuites, procès et contraintes de Me Montaland, notaire royal et procureur fiscal de Saint Genis. Pour la défendre, elle avait fait appel à plusieurs officiers de justice de la juridiction de Senevas, qui tous lui refusèrent leur concours, ne voulant pas instrumenter contre un de leurs collègues. Il en fut de même pour ceux de Rive de Gier et de Saint Martin la Plaine. Ne sachant plus à qui s’adresser, et les menaces de Montaland, s’accentuant de jour en jour, elle eut l’idée de recourir à la marquise, qu’on disait être bonne. Et , de fait, Mme de Pracomtal, gagnée par les larmes de cette femme, prit en considération sa requête et lui envoya une lettre, par laquelle, elle recommandait aux bons soins et services de Me Claude Chorel, notaire royal à Saint Paul en Jarez, cette pauvre veuve opprimée. La lettre eut son plein effet, Chorel se chargea des intérêts de Jeanne Font. Le procès dura bien cinq années, mais la veuve fut assez bien défendue, obtint gain de cause, ce qui mit fin à ses ennuis » (note en bas de page, le livre étant de 1934, pour précision :Archives de la Loire, série F, Fonds Fulchiron, non inventorié).
J’ai toujours apprécié de rencontrer une page d’histoire, chaque fois que je croise des personnes ayant un rapport avec ma généalogie.
Jean Baptiste Pugnet, père du médecin aux mérites incontestables, lui ayant valu la légion d’honneur et des rencontres extraordinaires, tout au long de son existence, s’est marié deux fois et a eu une multitude d’enfants (environ sept de son premier mariage et le double soit environ quatorze de sa seconde union, soit en tout au moins vingt et un enfants).
Sa première épouse était Etiennette Dufournel née le 25 janvier 1717, épousée le 10 septembre 1748 et malheureusement décédée à Lyon le 19 février 1761, en laissant de pauvres petits orphelins.
Comme il était d’usage à cette époque, l’époux éploré ne le resta pas longtemps car la même année en 1761, il se remaria avec Antoinette Bourdon, une jeunette qui avait pratiquement vingt ans de moins que lui puisqu’elle était née le 1er juillet 1737, et il fut sans doute très attiré par elle, puisqu’elle se retrouva enceinte pratiquement tous les ans entre 1761 et 1779. Antoinette décèda le 30 octobre 1800 et son époux lui survécut dix ans, puisqu’il mourut à son tour le 17 janvier 1810. Ils sont morts tous les deux à Lyon. D’Antoinette Bourdon, je ne sais pas grand-chose en dehors du fait qu’elle était née à Saint Romain en Jarez, que ses parents Jean Bourdon et Florie Jaboulay y demeuraient . Jaboulay est un nom qu’on retrouve souvent sur Saint Romain en Jarez, mais celui de Bourdon m’était inconnu par contre.
Je vais terminer cet article sur ces derniers mots, en espérant que je ne me suis pas trop embrouillée et que vous avez suivi la filiation descendante des ancêtres communs, en l’occurrence Antoine Font (sosa 1074/1280) et Jeanne Martin (sosa 1075), deuxième épouse d’Antoine Font, et mère de Jeanne Font (sosa 537) et de Jeanne Font mère de Jean Baptiste Pugnet, lui-même père de Jean François Xavier Pugnet, médecin militaire et épidémiologiste. Pour information je rappelle que la première épouse d’Antoine Font était Florie Pugnet, (sosa 1281), laquelle était la mère d’Antoine Font (sosa 640/928) et de Claudine Font (sosa 757).
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Article généalogique écrit le 5 juillet 2026 sous copyright (manuscrit en cours)
Publié sur mon site "Les écrits de Sherry-Yanne" le même jour
Viviane Barnet-Brosse alias Sherry-Yanne
Photos internet à but uniquement illustratif
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Date de dernière mise à jour : 2026-07-05
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