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- L'ÉTRANGE RÊVE DE LUCILE
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MARYAM PAGES 70 à 100 (incluses)
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MARYAM PAGES 70 à 100 (incluse)
Jésus est un juif de son temps, soumis aux obligations de la loi religieuse en vigueur, et il ne manque pas à ses devoirs, lors des fêtes sacrées. Lorsqu’il se rend à Jérusalem, il se fait apostropher par les membres du clergé issus du pharisianisme.
- « Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens, car ils ne se lavent pas leurs mains, quand ils mangent du pain ? ».
Mais Jésus ne se laisse pas démonter par leur invective et leur rétorque vivement qu’eux-mêmes ne respectent pas tous les commandements.
- « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu, à cause de votre tradition ? car Dieu a commandé d’honorer son père et sa mère, mais vous, vous avez voulu tirer profit et vous n’avez point honoré vos pères et mères, et vous avez ainsi annulé le commandement de Dieu à cause de votre tradition. Hypocrites ! ».
Les disciples entendant cela, se rapprochent de Jésus, car ils sont inquiets de constater la mine scandalisée des pharisiens, dont ils redoutent la réaction à venir.
- « Etes-vous sans intelligence comme eux ? N’entendez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche, va dans le ventre, et passe ensuite dans le lieu secret ? mais les choses qui sortent de la bouche, viennent du cœur, et ces choses-là souillent l’homme, car du cœur viennent toutes les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures. Ce sont ces choses qui souillent l’homme, mais de manger avec des mains non lavées, ne souillent pas l’homme ».
(Mathieu chapitre 15, extrait des versets 1 à 20, Marc chapitre 7, extrait des versets 1 à 16, Luc chapitre 11, extrait des versets 37 à 40).
Marchant dans les pas de Jésus, comme si elle était son ombre, Maryam a tout entendu. Elle est littéralement clouée sur place par l’analyse pleine de bon sens de celui-ci. C’est tellement vrai, en fin de compte. Sur quels critères peut-on dire qu’une nourriture est permise ou interdite ? Car effectivement ce n’est pas l’alimentation en soi qui est une souillure pour l’être humain, mais bien toutes les mauvaises pensées qui encombrent son esprit et l’incitent à se livrer à de mauvaises actions, à pratiquer le mal au lieu du bien. Maryam est sidérée par la philosophie si juste de Jésus et cela lui prouve encore une fois, que ses mots lui sont inspirés par une puissance supérieure, celle du créateur de toute choses, l’Eternel tout puissant.
Jésus a conscience que la mission dont il est chargé lui pompe toute son énergie et pour la mener à bien, il lui faut se ressourcer en s’éloignant pendant quelque temps de son environnement habituel. Il décide de se retirer dans le secteur proche de Tyr et de Sidon, espérant ainsi être tranquille quelques jours, car il y serait incognito.
Tyr est une ville du sud du Liban. Elle se situe dans la Phénicie méridionale, à 35 km au sud de Sidon. Dans l'Antiquité, la ville était insulaire mais des faubourgs s'étendaient sur le continent en face, sur l'autre rive du détroit. La ville insulaire était fortifiée sur un rocher, d'où son nom qui signifie en phénicien « rocher ». Elle était dotée de deux ports, le « port Sidonien » au nord, et le « port égyptien » au sud. Sidon, quant à elle, est aussi une ville du Liban. Elle fut dans l'Antiquité l'une des plus grandes villes de la Phénicie et a même été incorporée dans le Royaume d’Israël lorsque régnait le roi David. La ville était construite sur un promontoire s'avançant dans la mer. Le nom de Sidon signifie « pêcherie ». D'après la Genèse, Sidon aurait été fondée par Tsidone, fils de Canaan, lui-même petit-fils de Noé (Genèse chapitre 10, extrait des versets 15 à 10, et verset 19).
Mais sa réputation de guérisseur l’ayant précédé, les malades se bousculent pour être touchés et guéris. Maryam observe cette cohue qui se précipite à la rencontre de Jésus, stupéfaite de réaliser que sa notoriété soit sortie des frontières de la Judée et de la Galilée.
Elle voit une femme, une cananéenne, une grecque syro phénicienne d’origine, se jeter aux pieds de Jésus, pour lui demander de l’aide pour sa fille cruellement tourmentée par un démon. Mais apparemment, le prophète ne réagit pas comme à son habitude, car il dit à ses disciples qu’il a été envoyé comme berger pour les brebis perdues de la maison d’Israël et pas pour les autres. Mais la femme insiste tellement que Jésus lui répond qu’il ne convient pas de prendre le pain des enfants pour le donner aux chiens. L’implorante ne se décourage pas et rétorque :
- « Oui rabbi, mais il arrive que les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ».
Entendant cela, Jésus est profondément ému et accepte de sauver sa fille.
-« Oh femme, ta foi est grande, qu’il te soit fait comme tu veux ».
La fille de cette femme est guérie sur le champ.
(Mathieu chapitre 15, extrait des versets 21 à 28, Marc chapitre 7, extrait des versets 24 à 30).
Jésus reprend la route, quittant les confins de Tyr et Sidon, cheminant vers la mer de Galilée, à travers le pays de Décapolis.
La Décapole était un groupe de dix villes hellénistiques situées à la frontière orientale de l’Empire romain dans le Levant méridional au cours des premiers siècles. Ils formaient un groupe en raison de leur langue, de leur culture, de leur religion, de leur emplacement et de leur statut politique, chacun fonctionnant comme une ville-État autonome dépendant de Rome. La Décapole était un centre de la culture hellénistique et romaine dans une région qui était autrement peuplée de Juifs, de Nabatéens et d’Araméens.
Afin d’être seul, il grimpe en haut d’une montagne mais comme cela se passe désormais chaque fois, des foules accourent à sa rencontre, comportant des estropiés, des boiteux, des aveugles, des muets, des sourds et tous ceux atteints d’une infirmité quelconque. Tout ce monde glorifiait le Dieu d’Israël qui avait envoyé son messager pour sauver les corps et les âmes.
Ils demeurent trois jours près de Jésus sans se nourrir, et Jésus ayant peur qu’ils ne défaillent sur le chemin de retour, demande aux disciples quelle est la provision de pain qui reste. Comme la fois où la foule totalisait cinq mille personnes, les disciples étaient inquiets car comment faire pour trouver de la nourriture dans le désert. Mais Jésus leur demande le nombre de pains restants et de poissons. Alors il fait asseoir la foule, environ quatre mille personnes, puis il prend les pains et les poissons, les bénit en rendant grâce à Dieu, et les rompt avant de les donner à ses disciples, qui les distribuent ensuite aux affamés assis devant eux. Tout le monde a eu de quoi se rassasier et les restes ont rempli sept corbeilles pleines.
(Mathieu chapitre 15, extrait des versets 29 à 39, Marc chapitre 7 extrait des versets 31 à 37 et chapitre 8, extrait des versets 1 à 9).
Suite à ces évènements, Jésus commence à préparer ses disciples au but final de sa mission, aller à Jérusalem pour y être mis à mort par les anciens, les sacrificateurs et les scribes, pour ressusciter le troisième jour et ainsi accomplir la volonté de Dieu. Entendant cela Simon-Pierre, le reprend mais Jésus se retourne vers les futurs apôtres et leur explique que celui qui veut venir après lui, qu’il renonce à lui-même, prenne sa croix et le suive car quiconque voudra sauver sa vie la perdra et quiconque la perdra pour l’amour de lui, la trouvera.
(Mathieu chapitre 16, extrait des versets 21 à 26, Marc chapitre 8, extrait des versets 31 à 38, Luc chapitre 9, extrait des versets 23 à 28, Jean chapitre 7, extrait des versets 30 à 34).
Au bout de six jours, Jésus prend avec lui Simon-Pierre, Jacques et son frère Jean et les emmène à l’écart sur une haute montagne.
Lorsque Maryam surprend le conciliabule entre les quatre hommes, elle décide de les suivre discrètement, en se tenant hors de portée de leur vue. Abritée derrière un promontoire, elle a une place idéale, pour observer ce qui se passe entre eux, et elle assiste à une scène qui irradie tant son âme que sa tête dissimulée sous son voile opaque.
En effet, elle voit Jésus littéralement se transfigurer devant ses disciples. Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements deviennent blancs comme la lumière. A ce moment-là, Elle voit Moise et Elie qui encadrent le prophète et se mettent à lui parler puis une voix se fait entendre dans la nuée.
- « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir, écoutez-le ».
Voyant cela, les disciples sont saisis de peur et tombent face contre terre.
Maryam quant à elle, a les yeux écarquillés et les oreilles grandes ouvertes. Son cœur est spirituellement acquis au messager de l’Éternel.
Lorsque les disciples relèvent les yeux, Jésus est seul et les apparitions qu’ils ont vu quelques instants plus tôt, ont disparu.
En redescendant du lieu de cette vision, Jésus leur demande de ne pas parler de ce qu’ils ont vu, tant que sa destinée ne s’est pas réalisée.
Maryam lui fait intérieurement la même promesse.
(Mathieu chapitre 17, extrait des versets 1 à 13, Marc chapitre 9, extrait des versets 2 à 13, Luc chapitre 9, extrait des versets 28 à 36).
Ensuite Jésus, ses disciples, la foule et bien évidemment Maryam circulent dans toute la Galilée, allant de ville en ville, prêchant la parole divine, souvent sous forme de paraboles, et guérissant les malportants, victimes de troubles tant physiques que psychiques. En arrivant à Capharnaüm (Capernaüm), quelqu’un lui demande qui est le plus grand dans le royaume des cieux, il répond que celui qui se convertira et sera aussi simple qu’un petit enfant, celui-là sera grand dans le royaume promis. De plus, il rajoute que son père céleste pardonne leurs péchés aux humains, mais il faut que chaque individu fasse de même, en pardonnant à son frère, à autrui, pour le mal qui lui aura été fait.
Afin de mieux se faire comprendre par les nombreuses personnes présentes dans la foule, il se met à raconter plusieurs paraboles pour argumenter son discours évangélisateur, car ses propos étaient peu clairs pour le peuple peu instruit. Il lui fallait expliquer autrement pour être compris par une majorité de personnes.
(Mathieu chapitre 18, extrait des versets 1 à 35, Marc chapitre 9, extrait des versets 33 à 51, Luc chapitre 9, extrait des versets 46 à 50).
Jésus et ses disciples passent de ville en ville, faisant parfois halte chez les habitants, ceux qui le reconnaissent en tant que messager du Seigneur et sont sensibles à sa parole.
C’est ainsi qu’entrant dans Béthanie, village situé sur le versant oriental du mont des Oliviers, toute la troupe est reçue dans la maison d’une femme que l’on nomme Marthe, qui vit avec sa sœur Marie et son frère Lazare. Marthe est une maîtresse femme qui dirige sa maison avec diligence, alors que sa sœur est plus encline à la rêverie et à se laisser vivre, ce qu’elle fait en restant assise aux pieds de Jésus pour l’écouter parler et prêcher. Marie est une contemplative, et il est inhabituel, à cette époque, qu’une femme écoute les enseignements d’un « maître » ou d’un rabbin, comme le ferait un élève ou un disciple, ce que fait pourtant Marie, contrairement à Marthe qui assure le rôle dévolu aux femmes, dans la société juive, en l’occurrence, veiller à l’intendance domestique de la maisonnée.
Maryam note au fond d’elle-même qu’une fois encore, Jésus démontre qu’à ses yeux, les hommes et les femmes sont égaux, et méritent tout autant son attention les uns que les autres.
Jésus prend le temps de se reposer avant de repartir sur les routes poussiéreuses. Il en profite pour prier dans la sérénité de ces instants de solitude. Un de ses disciples lui demande de leur enseigner comment prier et Jésus leur révèle la prière universelle, qui traversera les siècles.
- « Quand vous priez, dites
Père,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Donne nous chaque jour le pain qu’il nous faut,
Et remets nous nos péchés, car nous-mêmes aussi, nous remettons à tous ceux qui nous doivent,
Et ne nous induis pas en tentation »
Il reprend :
-« Demandez, et il vous sera donné, cherchez et vous trouverez, heurtez et il vous sera ouvert, car quiconque demande, reçoit, et celui qui cherche, trouve, et à celui qui heurte, il sera ouvert. Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus, le Père qui est du ciel donnera-t’ il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».
(Luc chapitre 11, extrait des versets 1 à 13).
Pensant qu’il était temps de quitter la Galilée Jésus et ses fidèles, rejoignent les confins de la Judée, au-delà du Jourdain. Pour aller en direction de Jérusalem, ils doivent traverser la Samarie et la Galilée.
La Samarie est le nom historique d'une région montagneuse du Proche-Orient ayant constitué l'ancien royaume d'Israël autour de son ancienne capitale Samarie, proche de Sichem, royaume rival de son voisin judéen du sud, celui de Juda. A la mort du roi Salomon, le royaume de David éclate en deux entités. Au sud, le royaume de Juda, avec pour capitale Jérusalem, et au nord le royaume d'Israël, avec pour capitale la ville de Samarie Au fil des siècles le nom de Samaritain devient synonyme d'hérésie et d'impureté pour les juifs mêmes si ceux-ci sont restés fidèles à la Torah, pratiquent la circoncision et le shabbat.
Entrant dans un village, dix lépreux s’approchent de Jésus, se tiennent à distance de lui tout en l’implorant d’avoir pitié d’eux et de les guérir. Jésus étend ses mains dans leur direction en leur demandant de montrer leur guérison aux sacrificateurs de leur synagogue. Un seul parmi les dix hommes guéris, revient sur ses pas pour remercier Jésus et glorifier Dieu, et celui-là est un samaritain, c’est-à-dire un étranger. Jésus est déçu par l’attitude des neuf autres, et il renvoie le samaritain chez lui, en le bénissant pour sa foi qui l’a guéri.
(Luc chapitre 17, extrait des versets 11 à 19).
Continuant sa traversée de la Samarie, il arrive dans une ville nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à son fils Joseph. Ce dernier y est enterré.
Les Hébreux donnaient par moquerie le nom de Sichar à la ville de Sichem. Sichar en hébreu signifie l’ivrognerie, et Isaïe (Isaïe chapitre 28 verset 1), appelle les Israélites d’Éphraïm, Siccorim, c’est-à-dire ivrognes. L’antique Sichem est un vallon creusé entre le mont Ébal et le mont Garizim, les deux sommets qui dominent la Samarie. À proximité du mont Garizim, se trouve le puits de Jacob que le livre de la Genèse rattache au souvenir du patriarche. Il s’agit d’un ouvrage creusé dans la roche calcaire, de deux mètres cinquante, de diamètre avec une profondeur avoisinant une trentaine de mètres.
Jésus arrive près de cette fontaine de Jacob. Étant lassé de la longue route qu’il vient de faire, il s’assoit au bord du puits, lorsqu’arrive une samaritaine venue puiser de l’eau. Il lui demande de lui donner un peu d’eau à boire, ce qui étonne la femme, car les juifs n’ont aucun contact avec les samaritains. Jésus lui répond avec patience.
- « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit « donne-moi à boire, toi tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ».
- Seigneur, tu n’as rien pour puiser et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ? Et lui-même en a bu et ses fils et son bétail ».
- « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif, mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus jamais soif, car il aura en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle ».
La femme lui demande de cette eau si spéciale mais Jésus prend le temps de lui expliquer la symbolique de cette eau vive, et que le temps est venu d’adorer Dieu en esprit et en vérité. La femme se laisse toucher par ses paroles, ouvre son cœur et voit en lui le Messie des prophéties antiques. Elle s’empresse d’aller l’annoncer à toute la ville. Les samaritains viennent à lui, et lorsqu’ils constatent les miracles qu’il opère, ils sont touchés à leur tour et le reconnaissent comme le sauveur du monde.
Après avoir passé deux jours en Samarie, il repart en Galilée, repasse par Cana, puis par Capharnaüm puis il repart en direction de Jérusalem.
(Jean chapitre 4, extrait des versets 4 à 54 et chapitre 5, extrait du verset 1).
Maryam est épuisée par ces longues journées de marche mais la parole de Jésus, la vivifie et lui apporte tellement d’énergie et d’espoir, qu’elle ne ressent plus cette impression de fatigue envahissante. Elle avance, encore et encore, car chaque jour lui apporte la sérénité d’avoir fait le bon choix en suivant les traces du messager de Dieu.
Une foule de plus en plus intense marche sur ses traces et chaque jour il accomplit de nouveaux miracles de guérison. Les pharisiens, furieux de son impact sur les populations locales, s’approchent pour essayer de prendre en faute ce perturbateur qu’ils maudissent dans la profondeur et la noirceur de leur cœur.
- « Est-il permis à un homme de répudier sa femme, pour quelque cause que ce soit ? ».
Mais Jésus leur répond calmement.
- « N’avez-vous pas lui que celui qui les as créés, dès le commencement, les as fait homme et femme, afin que l’homme quitte son père et sa mère pour s’unir à sa femme, et que tous deux forment ainsi une seule chair. Donc ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ».
- « Alors pourquoi Moïse a-t-il commandé de donner une lettre de divorce à sa femme et de la répudier ? »
- « Moïse, à cause de votre dureté de cœur, vous a permis de répudier vos femmes, mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Et je vous dis que quiconque répudiera sa femme, non pour cause de fornication et en épousera une autre, commet l’adultère, et celui qui épouse une femme répudiée, commet l’adultère ».
En entendant cela, ses disciples se disent que finalement il ne convient pas de se marier mais Jésus leur explique de nouveau sous forme de paraboles, que tout dépend de chacun et de ses capacités à vivre une vie de célibat, au service du royaume de Dieu.
(Mathieu chapitre 19, extrait des versets 1 à 12, Marc chapitre 10, extrait des versets 1 à 12, Luc chapitre 16, extrait des versets 16 à 18).
Maryam n’est pas mariée, plus exactement, ne l’est plus. En effet elle s’est retrouvée veuve peu de temps après son mariage et n’a pas envisagé de convoler dans de nouveaux liens ensuite. Elle est jeune, n’a pas d’enfant et son défunt mari lui a laissé un patrimoine très convenable, lui permettant de vivre correctement sans être obligée de se remarier pour être « entretenue » par un nouvel époux. Elle se sent libre de gérer sa vie en fonction de ses convictions, malgré les limites patriarcales de la société juive. Si son mari avait été en vie, elle aurait dû lui demander son consentement pour suivre Jésus. En tant que veuve, elle sait que la tradition juive permet l’usage à des femmes de piété, d’accompagner des prédicateurs ou des prophètes, sans que cela ne soit considéré comme scandaleux. Depuis sa première rencontre avec celui qui représente pour elle le messager divin, elle a fait le choix de cette vie d’errance sur les chemins de cette partie de la Palestine, marchant humblement sur les traces de son mentor. Elle est une anonyme dans la foule, une ombre voilée au milieu des autres. Les propos du rabbi la font longuement réfléchir et confirment ce qu’elle sait depuis longtemps. Elle ne se remariera pas et consacrera sa vie à porter le message d’espoir annoncé par le galiléen. Elle lui voue un amour si fort qu’elle ne peut qu’envisager une vie de dévotion envers l’élu, lui qui se déclare fils de Dieu.
Elle émerge de ses pensées et entend l’écho de la voix de Jésus qui arrive jusqu’à elle. Ses disciples montent la garde et empêchent qu’on lui apporte de jeunes enfants, afin qu’il leur impose les mains et les bénisse. Celui-ci les rabroue avec douceur.
- « Laissez venir à moi les petits enfants et ne les en empêchez pas, car le royaume des cieux est pour ceux qui sont innocents comme eux ».
Les ayant bénis, il s’éloigne pour continuer sa route, mais des personnes touchées par ses paroles, l’arrêtent au passage pour l’interroger sur ce qui les a interpellés et quelles sont les conditions pour avoir la vie éternelle. Il leur rappelle de respecter les commandements qui leur ont été donnés autrefois, et pour ceux qui veulent le suivre, de tout abandonner, de tout vendre et de tout donner aux pauvres, et dans cette pauvreté venir avec lui, ce qui fait réfléchir bien évidemment tous ceux qui ont des biens et n’envisagent pas de s’appauvrir, voire de se précariser pour une utopie céleste. Alors Jésus se tourne vers ses disciples pour leur faire part de son constat.
- « En vérité je vous dis qu’un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux, et je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau d’entrer par un trou d’aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ».
(Mathieu chapitre 19, extrait des versets 13 à 26, Marc chapitre 10, extrait des versets 13 à 27, Luc chapitre 18, extrait des versets 18 à 30).
Jésus prend la direction de Jérusalem car il sait que l’heure est venue pour lui du sacrifice ultime. En passant par Jéricho, il prend à part ses disciples pour leur expliquer ce qui va se passer prochainement le concernant.
- « Voici, nous montons à Jérusalem, et le fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs, et aux scribes, et ils le condamneront à mort. Puis ils le livreront aux nations pour s’en moquer, et le fouetter, et le crucifier. Mais le troisième jour, il ressuscitera ».
(Mathieu chapitre 20, extrait des versets 17 à 19, Marc chapitre 10, extrait des versets 32 à 34, Luc chapitre 18, extrait des versets 31 à 34, Jean chapitre 2, extrait des versets 19 à 22).
Jéricho est située sur la rive ouest du Jourdain. Son nom est dérivé de la racine sémitique qui veut dire « lune » et indique que la ville fut l'un des premiers centres de culte des divinités lunaires. Jéricho a été mentionnée pour la première fois dans le Livre des Nombres. Cette cité a été décrite dans la Torah (livre saint des juifs) comme la «ville des palmiers», où d'abondantes sources d'eau tiède et d'eau froide jaillissent et donnent lieu à la culture de citrons, d'oranges, de bananes, de plantes oléagineuses, de melons, de figues et de raisins.
Il fait halte chez Zacchée le chef des publicains, un homme puissant et riche, ce qui déplait une fois de plus aux religieux car pour eux, cet homme est un pécheur. Jésus ne se laisse pas décontenancer par ses récriminations acerbes et leur explique que sa présence a apporté le salut sur la maison de cet homme, qui est lui aussi un fils d’Abraham, sa mission sur terre étant de chercher et sauver ceux qui sont perdus.
(Luc chapitre 19, extrait des versets 1 à 10).
Dans le voisinage de Jéricho, marchant allègrement, suivi d’une grande foule, il est interpellé par deux aveugles qui ont entendu parler de ses miracles et l’implorent de les guérir, ce qu’il fait avant de poursuivre sa route vers Jérusalem. Parmi les deux, il y a Bartimée, qui est le fils de Timée. Ce dernier, le cœur débordant de reconnaissance, se met à suivre Jésus sur le chemin.
(Mathieu chapitre 20, extrait des versets 29 à 34, Marc chapitre 10, extrait des versets 46 à 52, Luc chapitre 18, extrait des versets 35 à 43)
Maryam est toujours dans la cohorte mais elle est devenue plus hardie et s’approche de plus en plus de Jésus qui l’ayant vu plusieurs fois, lui sourit et lui adresse la parole, lorsqu’ils se croisent lors des haltes pour se reposer le soir et reprendre des forces avant de repartir d’un bon pied le lendemain matin.
Ils ont bien marché depuis Jéricho, puisque la troupe composée de Jésus, ses disciples et la foule s’approche de Jérusalem. Ils font étape à Bethphagé, vers la montagne des oliviers. Le nom de ce village signifiant « maison des figues » est un lieu de l'ancienne Judée, qui plus tard fera partie intégrante de Jérusalem. Jésus dit alors à ses disciples d’aller audit village, où ils trouveront une ânesse attachée et un ânon avec elle, de les détacher et de les ramener vers lui, afin que s’accomplisse la prophétie.
- « Dites à la fille de Sion, voici ton roi vient à toi, débonnaire et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une ânesse ».
Ils font comme il leur a été dit et le fils de l’homme s’assoit sur l’ânesse, pendant que les disciples recouvrent l’ânon de leurs vêtements. La foule en voyant cela, étend à son tour ses vêtements sur le chemin, pendant que d’autres coupent les rameaux des arbres et les répandent sur le sol sous les pas de l’ânesse qui porte Jésus. La foule s’unit dans un long hommage, criant comme une litanie ou une sorte de prière commune, un chant à la gloire de l’envoyé de Dieu.
- « Hosannah au fils de David ! béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! hosannah dans les lieux très hauts ! ».
Jésus fait une entrée triomphale dans la ville de Jérusalem et les gens se répètent entre eux que celui-ci est Jésus le prophète qui est de Nazareth en Galilée.
(Mathieu chapitre 21, extrait des versets 1 à 11, Marc chapitre 11, extrait des versets 1 à 11, Luc chapitre 19, extrait des versets 29 à 38, Jean chapitre 12, extrait des versets 12 à 16).
Ensuite Jésus entre dans le temple pour prier mais la vue des marchands, qui viennent faire profit dans la maison de Dieu le met en rage, et il renverse toutes les tables des vendeurs, et celles des usuriers qui font du change sur place.
- « Ma maison sera appelée une maison de prières, mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs ».
Mais sa colère retombe en voyant des souffreteux s’approcher de lui afin qu’il les guérisse, ce qu’il fait aussitôt par compassion envers tous ces pauvres malheureux, souffrant dans leur chair et dans leur cœur. Ces miracles entraînent une ovation de la part des bénéficiaires ainsi que des témoins de ces guérisons. Les sacrificateurs et les scribes du temple sont indignés de constater la popularité de Jésus auprès des plus démunis, ainsi qu’auprès des petits enfants qui sont naturellement attirés par la bienveillance du prophète de Galilée.
Puis sans doute fatigué par tout ce qui l’attend bientôt, il part se reposer pour la nuit à Béthanie, avant de revenir dans la ville de Jérusalem, pour aller enseigner en son temple mais les prêtres juifs desservant ce lieu, l’interpellent car ils sont furieux de constater que les fidèles du lieu saint sont touchés par l’enseignement de celui-ci.
- « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ? ».
Jésus, sait que ces gens-là feront tout pour le mettre à mort, mais il prend le temps de leur expliquer longuement, la teneur de ses propos, sous forme de paraboles. Les pharisiens, en entendant cela, comprennent que Jésus parle d’eux. Par prudence, ils ne le saisissent pas tout de suite pour l’emprisonner, car ils craignent que la foule présente, ne s’en prennent à eux, avec violence, afin de défendre leur prophète.
(Mathieu chapitre 21, extrait des versets 12 à 46, Marc chapitre 11, extrait des versets 12 à 33 et chapitre 12, extrait des versets 1 à 12, Luc chapitre 19, extrait des versets 45 à 48 et chapitre 20, extrait des versets 1 à 19, Jean chapitre 2, extrait des versets 13 à 16 et chapitre 7, extrait des versets 30 à 32).
Les pharisiens n’en démordent pas et cherchent à tout prix à prendre Jésus en faute sur un point de doctrine de la loi hébraïque. C’est pourquoi, ils lui amènent une femme surprise en délit d’adultère, laquelle selon la loi de Moïse, doit être lapidée.
- « Toi que dis-tu à ce sujet ? », espérant l’éprouver et avoir ainsi un motif légitime pour le faire arrêter et condamner.
Jésus se baisse et écrit avec ses doigts sur la terre, puis comme les pharisiens attendent sa réponse avec insistance, il leur dit simplement.
- « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché, lui jette la première pierre ».
Puis il se remet à écrire. Les hommes, posent les pierres dans leurs mains, les uns après les autres et s’en vont, honteux, car aucun d’entre eux, ne peut se vanter d’être sans reproche.
Jésus se relève alors et demande à la femme adultère, où sont ses accusateurs qui devaient la condamner. Elle lui répond que nul ne l’a fait et Jésus la renvoie chez elle en lui disant que lui non plus ne la condamne pas et que désormais, elle ne doit plus pécher.
(Jean chapitre 8, extrait des versets 2 à 11).
Maryam a suivi toute la scène et son cœur déborde de reconnaissance pour ce saint homme qui ne prend pas les femmes pour des objets dont les hommes peuvent disposer comme si elles leur appartenaient. Par son attitude, il montre ainsi que tous les humains (hommes et femmes confondus) ont leurs faiblesses et que celles-ci ne doivent pas être sanctionnées plus durement pour les femmes, alors que les hommes échappent souvent à ces sanctions. Effectivement, dans les faits, les tribunaux religieux constitués d’hommes ont toujours trouvé des excuses pour justifier leurs actes répréhensibles sur le plan éthique et moral. Elle remercie dans son cœur, Jésus pour le message fort qu’il vient d’envoyer, concernant l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes, face à la justice.
Elle retient aussi de cette scène que Jésus n’est pas un adepte de la peine de mort, car pour lui, tout individu peut être touché par la grâce de la rédemption et elle est bouleversée par sa profonde empathie et son humanité envers les autres.
Les pharisiens, quant à eux sont dépités, et ils se réunissent pour trouver une solution afin d’entraver dans les fers, celui qui est un prophète maudit à leurs yeux. Ils décident donc de lui tendre un piège avec la complicité des hérodiens.
Le nom « hérodiens » semble renvoyer aux Sadducéens qui sont favorables à la famille hérodienne, aux partisans d'Hérode ou aux gens à leur solde. Les Hérodiens pourraient aussi être une secte qui considère qu’'Hérode le Grand (roi jusqu'en l’an quatre avant l’ère actuelle) aurait pu être le Messie en s'appuyant sur certaines phrases du prophète Isaïe. Hypothétiquement, il semblerait que le parti hérodien défendait l'idée que l'établissement d'une dynastie hérodienne était propice à l'établissement de la théocratie.
Pour atteindre leur objectif, les pharisiens envoient leurs propres disciples accompagnés de certains des membres hérodiens, afin de faire chuter Jésus et ainsi avoir des raisons pour le faire condamner, comme traître, rebelle ou impie.
Ce sont des loups, déguisés en moutons pour appâter la proie qu’ils veulent dévorer toute crue.
- « Maître, nous savons que tu es vrai et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne t’embarrasses de personne car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. Dis-nous donc, que t’en semble-t-il ? Est-il permis de payer le tribut à César ou non ? ».
Mais Jésus connait leur méchanceté et ne se laisse pas avoir par leur fausse bonhomie.
- « Pourquoi, me tentez-vous hypocrites ? Montrez-moi la monnaie du tribut ».
Ils lui apportent un denier, Jésus la prend, la retourne avant de leur demander, qui est représenté sur cette pièce et quelle en est l’inscription.
Les fielleux pris à leur propre piège, ne peuvent que répondre qu’il s’agit de César.
- « Alors rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »
Entendant cela, ils en sont fort étonnés et s’en vont sans insister.
(Mathieu chapitre 22, extrait des versets 15 à 22, Marc chapitre 12, extrait des versets 13 à 17, Luc chapitre 20, extrait des versets 19 à 26).
Les disciples de Jésus ne le savent pas encore mais par ces mots, il vient d’inventer le concept de la laïcité, en l’occurrence, le fait de ne pas mélanger les lois politiques terrestres avec celles des religions car il faut respecter les unes et les autres, sans imposer ses propres convictions à ceux qui ne les partagent pas. Ce principe devrait être un énième commandement à faire apprendre aux peuples pour leur éviter de se nuire mutuellement sur des questions de théologie ou de pratiques religieuses.
Maryam n’a pas perdu une miette de la conversation, et elle est toute acquise à cette notion de séparation des pouvoirs. En effet, elle se demande parfois si elle n’est pas égarée dans son siècle car ses idées sont avant-gardistes, et elle rêve d’un monde où les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les juifs et les non juifs, les sémites et les non sémites, les religieux et les païens, les blancs et les noirs, seront tous égaux en cette vie terrestre. Bien sûr, elle est suffisamment prudente pour ne pas faire étalage de ses pensées, et elle se plie scrupuleusement à la loi régissant sa nation et sa religion originelle, lesquelles sont d’ailleurs confondues dans le système hébreux, mais en écoutant le message transmis par Jésus, elle a compris que l’heure était peut-être enfin arrivée, de voir se réaliser cette égalité entre les êtres humains vivant sur terre.
Un brouhaha de voix la ramène dans la réalité. Un groupe de sadducéens, lesquels ne croient pas en la résurrection des morts, s’approchent de Jésus, pour l’interroger sur les préceptes laissés par le prophète Moïse, au peuple israélite.
- « Maître, Moïse dit que si quelqu’un meurt en n’ayant pas eu d’enfant, son frère épousera sa veuve et ainsi donnera une postérité à son frère. Or il y avait parmi nous sept frères. Le premier s’étant marié, mourut et n’ayant pas de descendance, il laissa sa femme à son frère. Mais le second frère et second époux mourut aussi, puis le troisième et ainsi de suite jusqu’au septième frère. L’épouse commune devenue veuve mourut aussi après la mort de ses sept maris. Si on tient compte de la résurrection, duquel des sept, sera t’elle l’épouse, car tous l’auront prise pour femme ? ».
- « Vous errez, ne connaissant pas les écritures ni la puissance de Dieu, car dans la résurrection, on ne se marie, ni on est donné en mariage, mais on est comme les anges de Dieu dans le ciel. Et quant à la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce qui vous est dit par Dieu disant « Moi je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », Dieu n’est pas le Dieu des morts mais celui des vivants » leur répond Jésus.
La foule en entendant cela, s’étonne d’une si étrange doctrine, contraire à ce qui leur a été enseigné auparavant. Lorsque les pharisiens apprennent qu’il a fermé la bouche aux sadducéens, ils décident à leur tour de l’éprouver par des questions, pouvant le mettre en défaut de blasphème par rapport à la loi juive.
L’un deux, docteur de la loi, l’interroge, pensant le faire chuter.
- « Maître, quel est le grand commandement dans la loi ? ».
- « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes pensées, c’est le grand et premier commandement. Et le second lui est semblable tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements, dépendent la loi toute entière et les prophètes » répond Jésus.
(Mathieu chapitre 22, extrait des versets 23 à 40, Marc chapitre 12, extrait des versets 18 à 31, Luc chapitre 20, extrait des versets 27 à 40).
Lorsque Maryam entend l’explication sur la résurrection des morts, elle est époustouflée car une évidence lui saute aux yeux. Effectivement, ce n’est pas le corps terrestre qui ressuscitera mais l’âme. Cette âme qui se dit anima en latin, psyché en grec ancien, signifiant souffle, et en hébreu Nèphèsh ce qui veut dire respirer. L'âme, le souffle, c'est la vie d'une créature ou ce qui donne vie à un être vivant. Pour Maryam, l’âme, étant l’esprit, donc une entité sans enveloppe charnelle, c’est cette forme-là qui est immortelle car elle est la création de Dieu, et en ce sens, il n’y aura plus ni homme, ni femme, donc aucun lien affectif ou conjugal, ni prédominance d’un genre sur l’autre.
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(Pages 70 à 100 sur un ouvrage de 222 pages)
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Tous droits réservés Viviane B-Brosse alias Sherry-Yanne
L'ÉTRANGE RÊVE DE LUCILE
ISBN 979-8-85478-762-8
Copyright 00067596-7
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Date de dernière mise à jour : 2026-03-27
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